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CRTD.A team

Women’s rights country by country – interactive

Which countries have laws preventing violence? Which legislate for gender equality? And which countries allow abortion? Using World Bank and UN data, an interactive chart offers a snapshot of women’s rights across the globe. Follow the link and select a region and hover over a country to see how it has legislated for violence, harassment, abortion, property and employment rights, discrimination and equality. Click on a country to tweet a message on the figures. Country data can be viewed in relation to its population size and those of its neighbouring states. Click the centre of the circle to return to the beginning.

http://www.theguardian.com/global-development/ng-interactive/2014/feb/04/womens-rights-country-by-country-interactive

 

 

Les inégalités hommes/femmes sont désormais encadrées par la loi

Le Conseil constitutionnel a validé la loi pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes et ouvre ainsi la voie à la promulgation de ce texte considéré comme un vecteur indispensable pour faire reculer les inégalités, notamment dans le cadre professionnel.

La ministre des Droits des femmes, de la Ville de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem se félicite de la décision du Conseil constitutionnel qui a validé dans la majorité de ses dispositions, la première loi-cadre pour le droit des femmes.

Les inégalités hommes/femmes sont désormais encadrées par la loi

Bannir les écarts de salaires

L’un de ses objectifs était de réduire les inégalités professionnelles et salariales transposant l’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 sur la qualité de vie au travail. Le texte renforce, ainsi, l’efficacité de la négociation en matière d’égalité professionnelle qui devient globale et se donne pour objet de définir les mesures de rattrapage des inégalités de rémunération. La négociation annuelle sur les salaires devra désormais assurer le suivi de la mise en place des mesures décidées par les négociations de l’accord sur l’égalité professionnelle. Elle pourra s’appuyer sur un rapport de situation comparée plus complet et actualisé.
Le texte prévoit également que si des écarts de rémunération sont constatés lors des négociations quinquennales sur les classifications, la négociation devra conduire à corriger les facteurs à l’origine de ces différences de rémunération permettant, de fait, de revaloriser les métiers à prédominance féminine.

 

Briser le plafond de verre

La loi a aussi pour but d’accélérer la féminisation dans le secteur public, mais aussi au sein des conseils d’administration des entreprises. Ils seront désormais obligés de comporter 40 % de femmes pour les sociétés cotées et non cotées à partir du 1er janvier 2017. L’obligation devra être atteinte en 2020 pour les entreprises de 250 à 499 salariés et enregistrant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Par ailleurs, la place des femmes dans les établissements publics industriels et commerciaux de l’État sera renforcée.

 

Liens:

La double peine des femmes: Discriminées au travail, pénalisées à la retraite

Le gouvernement français a promis une réforme des retraites basée sur l’équité et permettant de réparer les injustices. Ce qu’il en ressortira pour les femmes sera un marqueur essentiel de cet engagement. Depuis 1993, les réformes, qui toutes ont conduit à une baisse globale du niveau des pensions, entraînent des conséquences plus négatives encore pour les salariées. La nouvelle ne semble guère s’en démarquer.

 

Toujours importantes, les inégalités entre femmes et hommes dans la vie professionnelle s’amplifient à la retraite. Si les salaires féminins sont inférieurs d’un quart en moyenne, les pensions de droit direct le sont de 42 % (1). Et pour cause : les femmes perçoivent en moyenne des rémunérations plus faibles (y compris à fonction et temps de travail égaux), travaillent plus souvent à temps partiel et ont des carrières plus courtes en raison des interruptions liées à l’éducation des enfants. Or salaire et durée de carrière sont les deux composantes principales du calcul de la pension.

Le système de retraites et, plus globalement, la protection sociale ont été conçus il y a soixante-dix ans sur le modèle de l’homme soutien de famille, qui travaille à temps plein sans interruption et jouit de droits directs, et de la femme au foyer, qui bénéficie de droits dérivés de son statut d’épouse ou de mère. Le mode de calcul fondé sur cette norme désavantage les carrières courtes. Il aboutit, comme le reconnaît le Conseil d’orientation des retraites (COR), à un « effet globalement antiredistributif » qui va « dans le sens d’un accroissement des inégalités en défaveur des assurés à carrière courte, donc des assurés à plus bas salaires (2), et des femmes tout particulièrement » (3).

Certes, des dispositifs familiaux visent à compenser la pénalisation de carrière due à l’éducation des enfants. Ils permettent de réduire les écarts de pension, qui tombent ainsi à 28 %. Mais cela reste insuffisant, et, surtout, ces mesures n’agissent pas sur la source des inégalités. Pis, elles les entretiennent, car elles enferment les femmes dans le rôle de mère. De plus, certains dispositifs ne sont attribués que s’il y a interruption d’activité. Cette conditionnalité incite à se retirer du travail, ce qui nuit à la carrière, puis… au calcul de la pension. Au bout du compte, les rôles sexués sont pérennisés ; les femmes se voient attribuer des droits complémentaires au détriment de leurs droits directs.

Lire la suite:

http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/MARTY/49631

 

Informal Work In Tunisia: A Factor To Be Included In Strategies Addressing Gender Based Violence

Informal Work in Tunisia: A Factor to be Included in Strategies Addressing Gender Based Violence

Photo: Mégane Ghorbani

FRIDAY FILE: To commemorate International Domestic Workers’ Day on June 16 and in parallel to a seminar considering a unified strategy against violence against women in Tunisia, hosted by the Association of Tunisian Women for Research and Development’s in Tunis on June 13, 2014, AWID takes a look at the instruments available and the gaps that still exist in addressing violence against informal women workers in Tunisia.

By Mégane Ghorbani

Article 46 of the new Tunisian constitution states that “The State shall take all necessary measures to eradicate violence against women” [1]. Three months after its enactment, the May 2014 recommendations made in Tunisia by the mechanisms of the United Nations’ human rights system [2], stipulate that violence cannot be eradicated without reforming legal codes. These recommendations also emphasize the need to strengthen oversight of informal sector work.

Women in the informal sector

The economic crisis has intensified the growth of informal work globally [3]. In Tunisia, informal employment, defined by researcher Nidhal Ben Cheikh as, “unprotected employment or the absence of social protection” [4], accounts for 54% of jobs. [5]. According to the Tunisian Union of Industry, Trade and Handicrafts (UTICA), the informal sector affects 85% of Tunisian enterprises [6].

While the population of working age “15 and over” is almost equally male and female [7], there are gender inequalities in terms of access to employment in the formal sector, notably an unemployment rate in the first quarter of 2014 of 21.5% for women, compared to 12.7% for men [8]. This unequal access to the formal labour market pushes more women into the informal sector.  A survey conducted in 2013 on informal workers in Greater Tunis shows that unlike men, all women are aware of their labour situation and some say “informal work is our lot in life” [9].

In the textile industry, a 2012 research project focused on violations of women workers’ economic and social rights in the coastal region of Monastir [10]. The study shows that 86% of the workforce is female because of the perceived low wages; and it discusses cases of informality in sectors that are ostensibly formal. Twenty six percent of women workers surveyed did not have social protection and 12.7% did not even have a job contract. Seven percent of women workers are illiterate and only 46% attended primary school.

A multidimensional form of violence

Regardless of gender, informal workers are all victims of a form of systemic discrimination in Tunisian society because of their lack of social status recognized by the state; and their subsequent exclusion from social services, with no protection from National Social Security or National Health Insurance. Informal women workers, however, have to contend with other forms of gender-based violence.

Firstly, they experience gender-based discrimination because of the patriarchal system in Tunisian society. Research conducted on the situation of women in rural areas in 2013 shows that they have limited access to formal and informal financial support, especially when seeking investments, because “they are considered less creditworthy than men ” [11]. In addition, because of the gendered division of roles within the family, some women do not control the money they themselves have generated. As one participant stated in a report on women’s work in agriculture[12], “Indeed, it is rare to see women sitting around doing nothing, when we gather to chat and whenever we have a free moment, we weave. Moreover, blankets and carpets are a true form of savings because whenever he needs cash, the head of the family can go sell them at the nearest weekly market and use the funds.”

Furthermore, violence in informal work places is pervasive and many women are victims of violence and sexual harassment. A survey by the Association of Tunisian Women for Research and Development (AFTURD) on full time domestic workers, of which 96.7% [13] have no job contract; also shows that 14.2% of respondents claim to have been victims of sexual abuse at the hand of their employers. Worryingly 16.2% young women say they were forced into sexual touching and 18.2% into forced sexual intercourse. In addition, many women workers in the region of Monastir claim their low social status leaves them vulnerable to street harassment [14]. These attacks generally go unreported, as women in informal work have no legal protection. All of these factors undermine women’s rights and perpetuate gender inequalities in the society

Instruments to counter this violence

In Tunisia, workers are protected by various international and national instruments: the International Labour Organization (ILO) instruments, including Convention No. 118 concerning equal treatment in matters of social security; the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women (CEDAW) and its Optional Protocol adopted by Tunisia, on which the reservations were officially lifted in April 2014, should ensure the principles of gender equality and non-discrimination, including stereotyped gender roles and prejudice (art. 5), rural women (art. 14), employment (Article 11) and bank loans (art.13) [15]. The Tunisian labour code also regulates work relationships and conditions, as well as penalties for violations. The new Constitution [16], adopted in January 2014, establishes in its preamble the equality of all citizens, the right to work in decent conditions (Article 40) and the role of the State in the fight against violence and guaranteeing of women’s rights (Art. 46).

Gaps, contradictions and lack of implementation

Despite all these instruments ostensibly available to address violence against informal women workers, a major hurdle persists in Tunisia in challenging informality as a factor, due to some legislative gaps or contradictions within the new constitution. The Penal Code, specifically Articles 218, 227a, 226b and 239, does not provide an overriding law that criminalizes all forms of violence against women [17]. Additionally, Tunisia has not yet ratified Convention No. 189 of the ILO on decent work for domestic workers to ensure the “right to a healthy and safe working environment” (art.13). Also, the Tunisian labour code does not mention gender based violence or sexual harassment.

In light of these loopholes, the ongoing development of a new legal framework – which was discussed during a December 2013 seminar hosted by the Ministry of Women’s and Family Affairs, the European Council and the United Nations Fund for Population Activities – should also take into account the aspect of informality of women’s employment to effectively address all forms of gender based violence.

In addition, organizations supporting victims of gender-based violence have a role to play on the ground, because as Saloua Kannou, AFTURD president, explained, “establishing a database on violence against women in Tunisia will limit the prevalence of this phenomenon” [18].

[1]Constitution de La République Tunisienne, 26 janvier 2014.

[2]The recommendations by the mechanisms of the United Nations’ human rights system in Tunisia, OHCHR Tunisia, May 2014.

[3]Global employment trends for women, International Labour Organization, December 2012.

[4] Nidhal Ben Cheikh, “L’extension de la protection sociale à l’économie informelle à l’épreuve de la transition en Tunise », Centre de Recherches et d’Etudes Sociales”, May 2013.

[5]Tunisia: Economic Challenges and Social Post – Revolution, African Development Bank, 2012.

[6]Exploratory study on human trafficking in Tunisia, International Organization for Migration – Tunisian Republic, June 2013.

[7] Women represent about 150,000 more people in the first quarter 2014.Source: Evolution de la population en âge d’activité ” 15 ans et plus ” selon le sexe 2006-2014, Institut National de la Statistique.

[8] Taux de chômage selon le sexe 2006-2014, Institut National de la Statistique. Note that these figures are contested due to the obsolete calculation methods used by the official statistics institutions.

[9] Tunisian Inclusive Labor Initiative (TLILI) study, El Amouri Institute, January 2013.

[10] Violations des droits économiques et sociaux des femmes travailleuses dans le secteur du textile, Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, 2013.

[11]Recherche sur la situation des femmes en milieu rural tunisien et leur accès aux services publics dans onze gouvernorats de la Tunisie, CEDR-Agricole, décembre 2013.

[12] Le travail des femmes dans le secteur agricole: Entre précarité et empowerment, Population Council, June 2011.

[13]Les aides ménagères à temps complet. Violences et non droits. AFTURD, 2008-2009.

[14]Violations des droits économiques et sociaux des femmes travailleuses dans le secteur du textile, Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, 2013

[15] Convention on the Elimination of all forms of Discrimination against Women.

[16]Constitution de La République Tunisienne, 26 janvier 2014.

[17]The recommendations by the mechanisms of the United Nations’ human rights system in Tunisia, OHCHR Tunisia

[18] “Une base de données et une stratégie unifiée pour lutter contre la violence à l’égard des femmes”, Babnet Tunisie, 13 juin 2014 .

From: http://www.awid.org/News-Analysis/Friday-Files/Informal-Work-in-Tunisia-A-Factor-to-be-Included-in-Strategies-Addressing-Gender-Based-Violence

Unpaid Care Work In The Post-2015 Framework: Response To The Zero Draft Report For Open Working Group

The inclusion of unpaid care in the post-2015 framework is vital to spur meaningful progress towards gender equality, and will have positive impacts on the achievement of many other development goals. 

Freeing women’s time from caring duties will enhance their prospects for economic empowerment and political participation. Fairer sharing of care roles will reduce the risk of violence against women, improve the health outcomes and educational opportunities of both women and their children, and create space to challenge discriminatory gender stereotypes.  The key is to foster a more equal sharing of unpaid care within households and communities, and ensure better provision of public services to support care. The briefing concludes with recommendations for a target on unpaid care within a standalone gender goal, and indicators that could be used to measure progress.

Introduction

The Gender and Development Network is delighted that the issue of unpaid care is now being discussed in the context of the post-2015 framework.  In the ‘zero draft’ proposed goals and targets issued following the 11th session of the Open Working Group, a target on unpaid care work is included (point 5.6)[1].   It is now crucial that Member States make unpaid care work a priority issue for the final framework.  Below we lay out the reasons why unpaid care should be incorporated into the post-2015 agenda – and how.

A striking consensus is emerging about the importance of unpaid care work[2]; but there is still a real risk it could be left out, partly due to some misunderstandings of the issue. Looking back on this process in 10 or 15 years this exclusion would be cause for great regret, especially given the ever-growing body of evidence on the impact of unpaid care work on women’s rights and poverty.

The omission of violence against women from the Millennium Development Goals – in the face of claims that it was a ‘cultural’ issue and not relevant to development – is now seen as a clear oversight. Like violence against women, the unfair and unequal distribution of unpaid care work spans all cultures and societies –and must be tackled forcefully as an obstacle to gender equality and development and an affront to women’s rights and dignity. Women’s overwhelming responsibility for unpaid care work is not a ‘cultural’ issue to be relegated to the private sphere: it is a transcultural phenomenon with profound social and economic impacts. Everyone receives and gives unpaid care at some point in their lives; it occurs daily in every household in the world.  If included in national accounts, the unpaid care economy would represent between 15 to over 50 percent of national Gross Domestic Products[3].

Read more: http://www.awid.org/News-Analysis/New-Resources2/Unpaid-Care-Work-in-the-Post-2015-Framework-Response-to-the-zero-draft-report-for-Open-Working-Group

 

Al-Qiwamah legitime-t-elle la domination masculine ?

Que disent les interprétations traditionalistes ?

« Les hommes sont « qayâmûn » sur les femmes en raison des faveurs (bima fadala) qu’Allah accorde à ceux-ci sur ceux-là (ba’da-hum ‘alâ ba’d) et aussi en raison des dépenses qu’ils font de leurs biens (bima anfaquou) », Coran 4 :34.

Ce verset a été, sans conteste, LE verset à partir duquel l’interprétation herméneutique patriarcale a façonné tout son modèle – aussi bien économique que social – de la famille en islam. Presque tous les autres versets coraniques, voire tous les textes se référant aux femmes ou à la relation hommes/femmes ont été lus et compris à travers la grille d’al-Qiwâmah, perçue dès lors comme un « droit » des hommes sur les femmes1.

 

Le terme « Qawâmûn » a été, dans la majorité des cas, compris et traduit par « autorité » ou « direction » : « Les hommes ont autorité sur les femmes » ou encore « Les hommes ont la charge et la direction des femmes ». Cest cette signification « dautorité » (soulta) qui revient dans pratiquement toutes les interprétations traditionalistes que celles-ci soient classiques ou contemporaines.

 

La majorité des exégètes ont interprété ce concept de « Qawâmûn » comme étant laptitude de lhomme à être le « chef » de la femme (ra’îsu-ha), son supérieur (kabîru-ha), celui qui la dirige (al-hâkimu ‘alay-ha), celui qui a le droit de la « corriger » si elle s’écarte du droit chemin (al mu’addibu-ha idha ‘awijat)2.

 

Tous s’accordent donc à privilégier l’homme, au-delà de son rôle d’époux, par cette « préférence » (bimafadala) octroyée par le Créateur et la suite du verset en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-ci sur ceux-là (ba’da-houm ‘alâ ba’d) est généralement traduite par « ceux-ci sur celles-ci » ou dans d’autres traductions par « en raison des avantages que Dieu leur (les hommes) a accordés sur elles »Ce qui pour certains équivaut à confirmer la supériorité incontournable de tous les hommes sur toutes les femmes3.

 

Étant donné que les hommes ont l’obligation d’entretenir toute la famille, y compris l’épouse, cette dernière est supposée être, par conséquent et par reconnaissance, soumise à cette autorité masculine. C’est la logique du contrat de mariage retrouvé dans les traités de droit musulman (fiqh) et qui confirme que l’époux a tous les droits sur sa femme, qui lui appartient à l’instar d’une marchandise qu’il a acquis corps et âme, du moment qu’il assure la « nafaqa », à savoir la charge financière de la famille.

 

L’interprétation abusive de cette notion de al-Qiwâmah, dans les compilations classiques a donc légitimé une supériorité effective des hommes, qui, elle-même, a cautionné l’obligation d’obéissance de la femme à son époux, désignée en arabe par tâ’a4.

 

L’interprétation traditionaliste juridique de ce concept, influencée par les conjonctures sociales patriarcales d’une part et la dimension politique des régimes tyranniques de l’époque d’autre part, s’est faite, avec le temps, à travers la grille de lecture de la « hâkimiyya » ou « gouvernance politique » puisque lon a délibérément comparé l’époux au « hâkim » c’est-à-dire au Calife. La gouvernance politique se faisant sous le mode de l’autocratie et du despotisme politique, al-Qiwâmah, par extrapolation, devenait par la force des choses, synonyme de despotisme familial (tasallut), terme que l’on retrouve dans l’explication classique d’al-Qiwâmah5.

Lire la suite:

http://economia.ma/fr/numero-20/e-revue/al-qiwamah-legitime-t-elle-la-domination-masculine

 

البحث عن التمثيل المفقود: النساء فى البرلمان المقبل

البحث عن التمثيل

تقديم

شكّل تبنِّي الأمم المتحدة لاتفاقية القضاء على جميع أشكال التمييز ضد المرأة (CEDAW) عام 1979 محطة فاصلة في سياق العمل من أجل المساواة بين الرجال والنساء، والذي بدأته الحركة النسائية العالمية منذ سنوات الثلاثينيات من القرن الماضي. وتنص هذه الاتفاقية على اقتناع الدول الأطراف بأن التنمية التامة والكاملة لبلد ما، ورفاهية العالم، وقضية السلم، تتطلب جميعًا أقصى مشاركة ممكنة من جانب المرأة، على قدم المساواة مع الرجل في جميع الميادين.

وقد تبع تبني اتفاقية القضاء على جميع أشكال التمييز ضد المرأة، عقد سلسلة من المؤتمرات الدولية للمرأة نظمتها  الأمم المتحدة، كانت امتدادًا للمؤتمر العالمي للسنة الدولية للمرأة، الذي انعقد في مدينة المكسيك عام 1975، واعتمد خطة العمل العالمية لتنفيذ أهداف السنة الدولية للمرأة ، وأعلنت فيه الفترة 1976- 1985  عقدًا الأمم المتحدة للمرأة. وانعقد المؤتمر الرابع في بكين،  عام 1995 لاستعراض وتقييم التقدم الحاصل في مجال النهوض بالمرأة مستندًا إلى مؤشرات كمية محددة اقترحتها الأمم المتحدة. واعتمد المؤتمر وثيقة مهمة هي إعلان وبرنامج عمل بكين، الذي تضمن اثني عشر هدفًا إستراتيجيًا للنهوض بالمرأة على كل الأصعدة. إذ دعا المؤتمر الحكومات والمنظمات الدولية ومنظمات المجتمع المدني إلى اتخاذ الإجراءات اللازمة لتحقيق هذه الأهداف. وفي مجال الحقوق السياسية للمرأة، ولضمان دور فاعل للنساء في صياغة وتنفيذ السياسات العامة، فقد دعا برنامج العمل إلى تخصيص نسبة لا تقل عن 30% لتمثيل النساء في هيئات صنع القرار، معتبرا تلك النسبة نسبة حرجة لابد من تحقيقها كي تكون مشاركة النساء فاعلة وذات معنى.

أن نظام الدولة يقوم على أساس المواطنة وسيادة القانون، وتكافؤ الفرص بين جميع المواطنين دون أي تمييز

أولا: المرأة والدستور

تضمن دستور 2014، مواد تقر المواطنة والمساواة بين المواطنين المصريين وتجريم التمييز، وهو الأمر الذي تستفيد منه المرأة المصرية بطريقة مباشرة. حيث نصت المادة الأولى من الدستور على؛ أن نظام الدولة يقوم على “أساس المواطنة وسيادة القانون”، كما تلزم الدولة، بنص المادة التاسعة، بتحقيق تكافؤ الفرص بين جميع المواطنين دون أي تمييز. كما تم لأول مرة، اعتبار “إرساء مفاهيم المواطنة والتسامح وعدم التمييز” من أهداف التعليم. وقد نتج عن ذلك النص صراحة على تدريس الجامعات لحقوق الإنسان، وهو الأمر الذي يترتب عليه إنشاء جيل يحترم حقوق المرأة، ويقوم على المساواة والمواطنة الحقيقية.

وقد تم النص أيضًا في المادة 93 من الدستور على أن “تلتزم الدولة بالاتفاقيات والعهود والمواثيق الدولية لحقوق الإنسان التي تصدّق عليها مصر، وتصبح لها قوة القانون بعد نشرها وفقاً للأوضاع المقررة”، وهو الأمر الذي يضمن التزام مصر باتفاقية “القضاء على كل أنواع التمييز ضد المرأة” (CEDAW) وغيرها من الاتفاقيات الدولية الخاصة بالمرأة التي صدّقت عليها مصر دون المواد التي تحفّظت عليها، كما تفتح الباب بنص دستوري بإثارة هذه المواد أمام المحاكم المصرية المختلفة من قضاء عدلي وقضاء إداري وقضاء دستوري. ولكن تقبل هذه المادة النقد في كونها وضعت المعاهدات والمواثيق الدولية في مكانة القوانين، وليس فوق القوانين، فالمتعارف عليه في معظم دول العالم أن المعاهدات والمواثيق الدولية تكون لها قوة الدستور أو تكون في مكانة “فوق قانونية”، وبعض الدول تكون لها مكانة “فوق دستورية”.

ورغم مطالبة العديد من المنظمات النسائية بإقرار “كوتا” للمرأة في البرلمان، رفضت لجنة الخمسين إقرار “كوتا” لأي فئة مجتمعية أو طائفة دينية في المجلس النيابي اللهم باستثناء المجلس النيابي التالي لإقرار الدستور، وإذ اكتفى بالنص في المادة 11 على الآتي: “تعمل الدولة على اتخاذ التدابير الكفيلة بضمان تمثيل المرأة تمثيلاً مناسبًا في المجالس النيابية، على النحو الذي يحدده القانون”.

كما نصت المادة 243 من الدستور على أن تعمل الدولة على تمثيل العمال والفلاحين تمثيلاً ملائما في أول مجلس للنواب منتخب بعد إقرار هذا الدستور، وذلك على النحو الذي يحدده القانون. كما نصت المادة 244 على أن تعمل الدولة على تمثيل الشباب والمسيحيين والأشخاص ذوي الإعاقة والمصريين المقيمين في الخارج تمثيلا ملائمًا في مجلس النواب المنتخب بعد إقرار هذا الدستور.  كما نصت المادة 180 على أن يخصص ربع عدد المقاعد في المحليات للشباب دون سن 35 سنة والربع للمرأة على ألا تقل نسبة تمثيل العمال والفلاحين عن 50% من إجمالي عدد المقاعد، وأن تتضمن تلك النسبة تمثيلا مناسبا للمسيحيين وذوي الإعاقة.

في المقابل، أقر الدستور المصري كوتا للمرأة في المجالس المحلية المنتخبة هي “ربع المقاعد”. وتعد هذه الخطوة إيجابية في طريق تحقيق تمثيل للمرأة في البرلمان، وتغيير الصورة النمطية للمرأة في المجتمع. فمن أسباب عدم تمثيل المرأة تمثيلاً مناسباً في مجلس النواب في الماضي هو رفض قطاع من المجتمع المصري تمثيل المرأة له، وقلة عدد النساء المعروفات لدى الناخبين في الدوائر الانتخابية. وبما أن المجالس المحلية تكون على علاقة مباشرة بالمواطن، ينتج من تمثيل المرأة فيها بناء قاعدة جماهيرية وتاريخ سياسي في “الدائرة الانتخابية” التي تنتمي إليها، ما يرتّب لاحقاً ارتفاع نسب انتخابها في مجلس النواب

لقراءة المزيد

http://www.acrseg.org/5850

النسوية الإسلامية في مصر: أدوات الخطاب وتحدياته

كثيراً ما يثير مصطلح «النِسْوية الإسلامية» الجدل، إذ يقابَل بالرفض من جانب العلمانيين وكذلك الإسلاميين/ات الذين يتحفظون على استخدام مصطلح «نِسْوية» لما يحمله بحكم النشأة والتطور من «قيم غربية» تتناقض مع الخصوصيات الثقافية للمجتمعات المسلمة.تختلف تعريفات المصطلح، ولكن يمكن الاتفاق عامة على أنه كأي اتجاه نسوي، معنيّ بحقوق المرأة والمساواة بين الجنسين ، وذلك من منظور إسلامي، وهو ما يميزه عن الاتجاهات النسوية الأخرى، على اعتبار أن الإسلام قد كفل للمرأة حقوقها كاملة، وأن المشكلة تقع في تفسير الدين وتطبيقه وليس في أصله. تهتم النسوية الإسلامية بأن يكون للنساء دور في إنتاج المعرفة الدينية التي اقتصر إنتاجها على الرجال فجاءت متأثرة بالمنظور الذكوري وبالسياق الاجتماعي والثقافي الذي أنتجت فيه، ولم تعد ملائمة لواقع جديد.وفي سبيل «كسر احتكار الرجال لإنتاج المعرفة الدينية»، حرصت رائدات النسوية الإسلامية على تقديم «اجتهادات» حول حقوق النساء والمساواة بين الجنسين في الإسلام.
وغالباً ما تواجَه هذه الاجتهادات بانتقادات تتعلق بعدم توافر الأهلية العلمية للمجتهدات، وعدم الالتزام بالقواعد المتفق عليها، والاجتزاء والانتقائية عند قراءة النصوص الشرعية والتراث، والتحيّز للنوع، واتخاذ موقف مسبق من التراث المتنوع، والوصول إلى نتائج تفتقر إلى مقدمات منطقية… ويصل الأمر إلى وصف بعضها بالتعارض الكامل مع مبادئ الإسلام (كتلك التي لا تعتمد على السنّة مثلاً كمصدر معتمَد).
على كل ذلك وبالرغم منه، حلّت «النسوية الإسلامية» كواحدة من مواضيع مؤتمر «قضايا المرأة: نحو اجتهاد إسلامي معاصر»، الذي عُقِدَ في آذار/ مارس الماضي في مكتبة الإسكندرية. وكان لافتاً أن الأبحاث جميعها (باستثناء واحد فقط) قدمتها نساء، من مصر والمغرب وتونس والسعودية…
من الانترنت

تحليل نقدي للخطاب في مصر

في بحثها المعنون «التحديات التي تواجه مساعي النسوية الإسلامية لإصلاح قانون الأحوال الشخصية منظمات حقوق المرأة غير الحكومية في مصر بين الشريعة الإسلامية والقانون الدولي لحقوق الإنسان» تشير الباحثة النسوية د. مروة شرف الدين («حركة مساواة») إلى أن الخطاب الذي تستخدمه بعض المنظمات غير الحكومية وبعض النشطاء لإصلاح قانون الأحوال الشخصية في مصر أو في مجال حقوق المرأة يمكن توصيفه بأنه «نسوي إسلامي»، مُعتبرةً أن نشأة ما يوصف بـ«الخطاب الإسلامي المستنير» جاءت من التفاعل بين الواقع الاجتماعي والاقتصادي للنساء في مصر وبين القانون الإسلامي (الجانب القانوني من الشريعة)، والقانون الدولي لحقوق الإنسان.وعدّدت الباحثة الأدوات المُستخدمة لصياغة هذا الخطاب: التحليل التاريخي والسياقي واللُغوي للآيات القرآنية، دراسة الآيات في ضوء مقاصدها، إعادة تفسير الآيات القرآنية بالاسترشاد بمبادئ قرآنية عامة كالمساواة والعدالة والكرامة الإنسانية، التمييز بين الشريعة والفقه، تمييز الأحاديث القوية من الضعيفة، تقديم جوانب وأمثلة من حياة النبي تدعّم المطالب وتدعيم الخطاب بحقائق وإحصائيات علمية مستقاة من الواقع (هذا مع الاسترشاد بالخطاب العالمي لحقوق الإنسان).وأشارت الباحثة إلى أن هذا الخطاب ولَّد تضارباً بين الالتزام بالمرجعية الإسلامية ومعايير حقوق الإنسان (حسب القانون الدولي)، على الرغم ممّا يحمله من إمكانات مهمة (خاصة أنه أكثر قبولاً في المجتمعات المحافظة). والإشارة هنا إلى التضارب في مسائل كتعدد الزوجات والميراث وقوامة الزوج وطاعته في مقابل النفقة وتأديب الزوجة.
أمّا عن أسباب التضارب، فتقول شرف الدين إن العقيدة الدينية الشخصية تمنع بعض النشطاء من تقديم مطالب معيّنة تتعلق بتحقيق المساواة، إضافةً إلى مدى استعداد المجتمع لتقبل بعض المطالب في ظلّ وجود ضعف بنيوي للمنظمات وضعف قدرتها على الحشد والضغط. كما أن هذا الخطاب ما زال في طور التشكّل التدريجي وحدوث التضارب أمر متوقع خلال مرحلة الصياغة والتطوير.
وفي تعقيبها على الورقة البحثية، أشارت سوسن الشريف (باحثة مشاركة بمركز البحوث الاجتماعية بالجامعة الأميركية في القاهرة) إلى أن محدودية الاتجاه النسوي الإسلامي في مصر تجعل من الصعب الكلام عن «منظمات غير حكومية» تتبنّى هذا الاتجاه، مرجّحةً تبنّيه من قبل أفراد من دون مؤسسات حاضنة.وانتقدت الشريف اعتماد الباحثة على مراجع أجنبية في تعريف الشريعة والفقه بدلاً من العودة إلى المراجع الأصلية، كذلك عدم طرح أي استراتيجيات أو حلول لمواجهة التحديات

النساء وإنتاج المعرفة الدينية تاريخياً

«النساء والحق في الاجتهاد وإنتاج المعرفة: قراءة في مفهوم النقص وتأويلاته» هو عنوان الورقة البحثية التي قدّمتها فاطمة حافظ الباحثة في «مركز خُطوة للتوثيق والدراسات» . والمقصود بالنقص هنا نقص العقل المنسوب للنساء في حديث نبوي. تستنتج الباحثة أن مقولة النقص تخلقت تاريخيا عبر عصور التراجع الحضاري حيث تم إكسابها دلالات ومعاني الحط من قدرات النساء، وهو ما لم يفهمه علماء القرون الأولى.  وإن هذا النقص لم يُفهَم منه تاريخيا أن تدع النساء المجال المعرفي للرجال وحدهم، أو أن تقتصر النساء على أنواع بعينها من المعرفة الدينية. فالتجربة التاريخية غنية بالنماذج التي تؤكد اشتغال النساء بشتى أنواع المعرفة ومنها الفقه والحديث. أمّا عن مراحل استدعاء مقولة النقص فهناك مرحلتان، وفق حافظ: في الأولى اكتُفِيَ بإيرادها حال التعرض لاجتهاد النساء للتلويح بأنهن “ناقصات عقل” رغم اجتهادهن، وفي المرحلة التالية تجاوز الأمر مجال التلويح إلى حيز التفعيل حيث استخدمت المقولة لإضفاء الشرعية على عملية إقصاء النساء من المجال المعرفي وتبرير ممارسات اجتماعية قائمة على الحجب والعزل. وتستخلص الباحثة أن المشكلة لا تكمن في نص الحديث بحدّ ذاته – أو في أي نص ديني آخر – إنما في كيفية التعامل معه وإسقاطه في الواقع، وكذلك في الدلالات والمعاني التي يكتسبها في لحظة تاريخية معينة (التي تشكل جزءاً من عملية فهم النص لاحقاً).وعلى هذا فإنه من أجل فهم أدق لمضمون النصّ لا بدّ من إعادة قراءته على ضوء سياقه الخاص (مناسبة نزوله)، وعلى ضوء علاقته بشبكة النصوص والمفاهيم الدينية التي يرتبط بها

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 http://arabi.assafir.com/article.asp?aid=1899&refsite=assafir&reftype=weeklychannel&refzone=articles&ref=RelatedArticle

Midwives: Symbol of Women’s Work Invisibility (France)

Les sages-femmes ne veulent plus être des invisibles

Alexandra Chaignon . Lundi, 18 Novembre, 2013

Les sages-femmes ne veulent plus être des invisibles

Cigognes mais pas pigeons… Depuis un mois, les sages-femmes sont massivement en grève pour une reconnaissance de leur profession, qu’elles jugent « inconnue ».  Et s’impatientent sérieusement… Des rassemblements sont organisés à Paris devant le ministère de la Santé et en province devant les Agence régionale de santé (ARS) ce mardi.

Depuis le 16 octobre, comme la majeure partie des quelque 20 000 sages-femmes de France, Marie (1) est en grève illimitée, un mouvement suivi à près de 90 % dans les maternités parisiennes (70 % à l’échelle nationale). Sur la manche de sa blouse rose, un brassard avec l’inscription «en grève». Assignée, elle continue néanmoins d’assurer la prise en charge des patientes. À l’appel de six organisations professionnelles de santé  (2), la jeune femme est descendue dans la rue le 7 novembre dernier, comme plusieurs milliers de ses collègues, pour dire son « ras-le-bol » et, surtout, dénoncer le « manque de reconnaissance » de sa profession. Son métier, Marie l’a choisi. Et elle l’aime. Mais elle a aujourd’hui du mal à l’exercer dans des conditions satisfaisantes, explique-t-elle, répétant qu’elle se sent « usée, fatiguée et ignorée ». Dans la maternité publique où elle travaille, elle enchaîne des journées de douze heures, tantôt en salle d’accouchement, tantôt en suite de couches, tantôt en consultations gynécologiques ou encore en cours de préparation à l’accouchement.

500 accouchements de plus en trois ans !

« On n’arrive pas à prendre en charge nos patientes comme on l’aimerait », confirme Agathe, sage-femme à la maternité de l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine). Dans son service, elles sont 33 sages-femmes. Insuffisant pour « travailler correctement ». « On assure la sécurité des soins, mais pas la qualité », déplore la jeune femme, diplômée en 2010. « Il y a trois ans, on faisait 2 500 accouchements ici. Aujourd’hui, on dépasse les 3 000… On sent bien la différence. On est tout le temps sous pression… » « La loi HPST appliquée aux maternités, c’est concrètement 6 000 accouchements à Trousseau, mais aussi des fermetures de maternités et les postes supprimés. Et au final, on se retrouve avec plus de patientes et moins de sages-femmes », abonde Astrid Petit, sage-femme en HAD (hospitalisation à domicile) de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Alors que dans les hôpitaux, elles réalisent près de 80 % des accouchements, les sages-femmes restent « inconnues et invisibles », insiste Caroline Raquin, présidente de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF). De fait, les sages-femmes ne sont pas que des « accoucheuses ». « Nous avons les compétences pour effectuer le suivi gynécologique de l’adolescence à la ménopause des femmes qui ne présentent pas de pathologie », précise Nicolas Dutriaux, du Collège national des sages-femmes de France (CNSFF), rappelant que, dans ce mouvement, sages-femmes hospitalières et libérales marchent main dans la main. Des compétences qui devraient leur donner la possibilité d’être considérées comme « praticiens de premier recours », ce qui permettrait aux patientes de les consulter directement.

« Une étude a confirmé que les femmes qui bénéficient de soins dispensés par une sage-femme tout au long de leur grossesse jusqu’à l’accouchement sont moins susceptibles d’accoucher prématurément et ont nécessité moins d’interventions pendant le travail de l’accouchement », rappelle Caroline Raquin. Un point de vue partagé par la Cour des comptes qui, en 2011, préconisait un renforcement du rôle des sages-femmes dans la chaîne des soins.

La rénovation du statut et la création d’une filière maïeutique, revendique la CGT

Pour les organisations professionnelles à l’origine du mouvement, cette reconnaissance passe avant tout par l’obtention d’un statut de praticien hospitalier pour les sages-femmes de la fonction publique hospitalière. Si le Code de la santé publique définit les sages-femmes comme une profession médicale, comme les médecins, dans les faits, elles sont pour l’heure assimilées aux professions paramédicales. « Notre profession est médicale, insiste Géraldine, sage-femme à la maternité de Louis-Mourier, détaillant les cinq années d’études, dont une première année de médecine obligatoire. « Nous avons le droit de pratiquer, toutes les compétences pour le faire, de même que la responsabilité pénale. En cas de plainte devant la justice, nous sommes responsables au même titre qu’un médecin. Nous demandons juste la régularisation de notre statut. » Une revendication qui n’est pas partagée. Intégrer ce statut supposerait que les sages-femmes des hôpitaux renoncent à celui de fonctionnaire et « implique des contrats précaires de droit public », explique Vincent Cicero, secrétaire de l’Union nationale et syndicale des sages-femmes. Pour les centrales syndicales, CGT en tête, on plaide plutôt pour « la rénovation du statut » (lire ci-dessous l’entretien avec Astrid Petit de la CGT) et la création d’une filière maïeutique mais toujours au sein de la fonction publique hospitalière. Pour la CGT, le changement statutaire doit intervenir après les salaires.

1 610 euros en début de carrière

Au-delà de la divergence des points de vue sur le statut, l’exigence commune est en effet d’être mieux payées. Le salaire net des sages-femmes est actuellement de 1 610 euros en début de carrière et 2 691 euros en fin de carrière. Un salaire « correct » mais « injuste quand on le compare à celui d’un infirmier anesthésiste ». D’autant qu’elles font cinq ans d’études pour n’être reconnues qu’à bac+3. Et surtout, « nos salaires stagnent depuis 2002 », pointe Astrid, insatisfaite des propositions du ministère de la Santé sur le sujet. « Les sages-femmes ne peuvent se contenter d’un simple rattrapage (162 euros brut par mois en moyenne) », dénonce l’intersyndicale Unsa, SUD santé, FO et CGT, à laquelle s’est associé l’UNSSF. « La situation est très préoccupante, estime Astrid Petit. J’ai peur que la ministre n’ait pas compris le degré de colère des sages-femmes. »

« Sur le fond, nous sommes tous d’accord pour réclamer une reconnaissance de la profession », reconnaît Caroline Raquin. « Derrière le mot “reconnaissance”, il y a les conditions de travail et les salaires », admet aussi Astrid Petit, qui souligne que la CGT est « en phase avec les revendications de fond ». Et tous attendent avec impatience la réunion de demain au ministère de la Santé sur l’avenir de la profession.

(1) Le prénom a été modifié.

(2) ONSSF, CNSFF, CFTC, ANSFC, CNEM, ANESF.

Repères. Entre 1990 et 2010, en France métropolitaine, le nombre de sages-femmes recensées par la Drees 
est passé de 10 705 à 19 208. En France, les résultats 
de l’enquête périnatale de 2010 montrent que seulement 11,7 % 
des femmes ont consulté principalement une sage-femme pendant leur grossesse et seules 5,4 % ont consulté une sage-femme en début de grossesse. Selon le panorama de la santé 2009 de l’OCDE : en 2007, la densité des sages-femmes (57 pour 100 000 femmes) était inférieure à la moyenne OCDE (72 pour 100 000). Les sages-femmes 
ont en moyenne 42,2 ans. Les sages-femmes sont hospitalières à titre exclusif 
dans 75 % des cas.

From: http://www.humanite.fr/les-sages-femmes-ne-veulent-plus-etre-des-invisibles