Les femmes vont sauver l’économie mondiale, selon le FMI

Par Jean-Pierre Robin

Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Le FMI publie une note de trente pages sur la place des femmes dans l’économie mondiale. Si le travail des femmes était encouragé dans les pays développés et émergents, il constituerait un formidable tremplin de croissance, écrivent les experts du Fonds.

Alors que la Réserve fédérale américaine, la Fed, a de fortes chances d’être dirigée par une femme, en la personne de Janet Yellen, le Fonds monétaire international, dont la directrice générale est comme chacun sait Christine Lagarde, publie une note de trente pages sur la place des femmes dans l’économie mondiale. «Les femmes, le travail et l’économie; les gains macroéconomiques (à attendre) d’une égalité des sexes»: si le titre est banal, la ligne directrice est plus originale: à peu près tous les défis socio-économiques actuels pourraient être résolus par une meilleure intégration du deuxième sexe dans la vie économique officielle. Des problèmes de financement des retraites à la stabilité des marchés financiers, la face du monde en serait changée.

Le constat établi par un groupe de huit économistes, des deux sexes, n’est pas vraiment original: «les femmes constituent un peu plus de la moitié de la population mondiale, mais leur contribution aux chiffres d’activité, de croissance et de bien-être économiques est nettement inférieur à leur potentiel», nous rappelle-t-on. C’est pratiquement les termes de Mao Tsé-Toung: «les femmes peuvent soutenir la moitié du ciel», avait déclaré le fondateur de la Chine communiste, dès les années 1950.

Les disparités varient énormément d’une région à l’autre

Les femmes ne représentent actuellement que 40% de la force du travail de l’économie mondiale, du moins dans ses structures officielles, car leur participation au «secteur informel» est bien supérieure. Sans compter bien sûr le «travail non payé», autrement dit les soins ménagers, pour lesquels elles consacrent deux heures et demie de plus chaque jour que les hommes. Ces chiffres émanent notamment de l’Organisation internationale du travail.

Les disparités varient certes énormément d’une région à l’autre. L’Asie de l’Est, en particulier, se distingue par un taux de participation féminine de 63% au marché du travail contre 21% au Moyen-Orient et dans l’Afrique du Nord. Au sein des pays de l’OCDE, les écarts sont également importants. Le FMI considère que le Japon pourrait gagner 0,25% de croissance économique potentielle supplémentaire par an si l’intégration de son personnel féminin était similaire à celui des autres pays du G7. De quoi résoudre pour une bonne part les problèmes de retraites des Japonais. Et aux États-Unis eux-mêmes, il suffirait que les femmes travaillent autant que les hommes (sur le marché officiel s’entend) pour que le PIB augmente de 5%, le gain pouvant atteindre 12% dans les Émirats arabes et même 34% en Égypte.

Moins de volatilité sur les marchés

Le FMI passe en revue pratiquement tous les facteurs d’inégalité: salaires, participation aux postes de haute responsabilité dans les entreprises (outre-Atlantique, seulement 4% des CEO des 500 grandes entreprises de l’indice Standard and Poor’s sont des représentantes du beau sexe).

Hommes et femmes ont vécu assez différemment la grande récession de 2007-2009: aux États-Unis elles ont été beaucoup moins frappées par le chômage dans la mesure où 80% d’entre elles travaillent dans les secteurs de services, qui eux-mêmes ont été moins atteints que l’industrie. Dans les pays émergents, et notamment en Amérique latine, c’est exactement le contraire: au Mexique 70% des chômeurs supplémentaires étaient des femmes.

Les experts de Washington présentent un échantillon de remèdes très large, de l’éducation qui reste insuffisante dans les pays en développement, à la fiscalité dissuasive dans les pays riches, car la progressivité de l’impôt sur le revenu peut être une incitation à rester au foyer.

Les féministes n’apprendront pas grand-chose dans cette note de synthèse, qui est le fruit d’une centaine d’études d’économistes, dont certaines démontrent l’effet bienfaisant à attendre d’une plus grande participation des femmes aux marchés financiers: ils perdraient ainsi une part de leur volatilité excessive, la gent féminine étant moins portées aux excès et au court-termisme. Il n’en faut pas moins saluer la conversion du FMI à la cause des femmes: Christine Lagarde, qui a accédé à la direction générale du Fonds à l’été 2011, a le sens de la famille.

From: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/09/24/20002-20130924ARTFIG00326-les-femmes-vont-sauver-l-economie-mondiale-dit-le-fmi.php

 

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