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Balancing paid work, unpaid work and leisure (OECD Countries)

07/03/2014 –

Greater gender equality in working hours is not just about more women in full-time employment. It is also about more men reducing their long hours in paid work. Although detailed information is available for a limited number of OECD countries, data on the usual hours worked per week illustrate how the prevalence of long and short working hours differs across countries and the sexes.

Among the sample of countries, the United Kingdom has the longest working hours culture: more than 20% of employed men usually work 40 to 50 hours per week and another 20% working more than 50 hours per week. In the Czech Republic, France and Poland, 20% of employed men also usually work for more than 50 hours per week, considerably more than in the other countries, including Germany, Hungary, Scandinavian countries and the Slovak Republic.

France and the United Kingdom are also the countries where most women usually work more than 40 hours per week (over 15%). At the same time, many British women work part-time (hyperlink to the indicator), while the prevailing “35 hours working week” contributes to most women working less than 40 hours per week in France.

The forty hour working week is the overriding working hours’ pattern for both men and women in the Czech and Slovak Republics, Poland and Hungary. In Finland, Norway and Sweden collective and/or sectoral agreements often lead to usual weekly working hours of around 37.5 hours per week. Indeed, the long working hours’ culture is not pervasive in Scandinavian countries, which contributes to the general perception in these countries that pursuing both active work- and family lives are compatible aspirations for both fathers and mothers.

 The Distribution of usual hours worked among men and women in employment

Source: OECD Employment database  

 Over the last 50 years, women decreased their hours of unpaid work as they increased the hours of paid work. Men have been doing more housework and child care, but they didn’t take up the slack so gender inequalities in the use of time are still large in all countries. Turkish women spend the most time doing unpaid work, such as housework or shopping, at 377 minutes a day, followed by Mexican women at 373. This compares to their menfolk: Mexican men who spend an average of 113 minutes on unpaid work and Korean men who spend only 45 minutes, the least of all. If we look at the sum of paid and unpaid work, women work more than men (2.6 hours more per week on average across the OECD).

When it comes to time spent on personal care, including eating and sleeping, the gap between the sexes is much smaller. French women spend the most time in personal care, at 755, just ahead of Italian women at 697. Their men spend almost as much time (738) –  just ahead of Italian males at 697.

In virtually every country, men are able to fit in valuable extra minutes of leisure each day while women spend more time doing unpaid housework.

Time spent in unpaid work and leisure

Minutes per day

infographic on time use

Source: OECD based on data from National Time Use Surveys.

From: http://www.oecd.org/gender/data/balancingpaidworkunpaidworkandleisure.htm

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La carte du travail domestique des hommes dans les pays de l’OCDE/ Men’s domestic work in OECD Countries (MAP)

par Grégoire Fleurot
le jeudi 6 mars 2014

 

Si vous ne devez visiter qu’un seul site pour préparer vos discussions et débats du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, avec vos amis, votre famille ou vos collègues, c’est celui de l’OCDE.

Le site de l’organisation internationale d’études économiques contient en effet une rubrique de statistiques se concentrant sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans les domaines de l’éducation, du travail et de l’entrepreneuriat dans les 36 pays membres (principalement en Europe et en Amérique du Nord).

Dans cette mine de statistiques, le magazine en ligne Quartz a identifié un indicateur particulièrement intéressant, celui du temps que les hommes passent à effectuer des tâches domestiques non-rémunérées (qui incluent la cuisine, le ménage ou encore la garde des enfants). Nous avons rassemblé les données dans la carte ci-dessus, et le détail est ici:

Average-minutes-per-day-men-spend-on-unpaid-housework_chartbuilder

On peut voir que les hommes français consacrent un peu plus d’1h30 par jour aux tâches ménagères, un temps non-négligeable et bien supérieur à la moyenne des 29 pays étudiées, qui se situe juste en-dessous d’1h15. Dans un document de travail publié en février dernier, l’Institut national d’études démographiques (Ined) expliquait les récentes évolutions en matière de travail domestique dans les ménages français:

«Au cours des 25 dernières années, les hommes se sont davantage impliqués dans l’éducation des enfants, tandis que leur participation dans les autres tâches domestiques est restée stable. Les femmes ont également consacré davantage de temps aux activités parentales mais sensiblement moins à l’entretien domestique. […]

Les couples sont plutôt homogames en termes de temps passé aux tâches domestiques et le sont davantage au fil du temps. La spécialisation conjugale des tâches domestiques traditionnelle avec l’homme pourvoyeur principal de ressource a diminué, notamment dans les années 1990. Toutefois, on observe des résistances au partage plus égal des tâches domestiques, les femmes demeurant toujours les premières responsables de la bonne tenue de la maison et des membres de la famille.»

On voit dans les statistiques de l’OCDE que les hommes japonais, coréens, turcs et indiens se détachent par le très peu de temps qu’ils consacrent aux tâches ménagères. Les Indiens sont les recordmen des 29 pays étudiés avec seulement 19 minutes par jour. «L’Inde est constamment en retard dans les différentes d’égalité homme-femme», souligne Quartz, qui rappelle que les Nations unies ont placé le pays à la 132e place sur 148 de son récent index sur les inégalités homme-femme.

From: http://www.slate.fr/economie/84267/travail-domestique-hommes-carte-france-monde

Quel salaire pour les mères au foyer ? How Much is Your Mom Worth?

Quel salaire pour les mères au foyer ?

ELLE.frELLE.fr – 

Si mère au foyer était une qualification reconnue, les Américaines gagneraient très bien leur vie. Le site américain ” Salary ” a estimé, après avoir effectué un sondage auprès de 6 000 mères en 2013, que les tàches qu’elles accomplissent devraient leur rapporter 6 917 euros par mois. Soit un salaire non négligeable de 83 006 E par an. Selon ” Salary “, une mère au foyer américaine travaille en effet environ 94 heures chaque semaine et fait appel à une multitude de compétences : taxi, femme de ménage, psychologue, cuisinière, ou encore professeure. Plus généralement, le site permet à chaque femme de calculer son salaire virtuel, en indiquant combien d’enfants elle a, si elle a un travail, où elle vit, et combien de temps elle consacre à chaque tàche.Les femmes seraient mieux payées que les hommesSi le travail domestique était reconnu, les hommes auraient pour la première fois un salaire inférieur à celui des femmes. Les pères ne passent en effet que 55,7 heures par semaine à s’occuper des tàches ménagères, selon ” Salary “. ” Cette étude est faite simplement pour s’amuser et n’est en aucun cas purement scientifique “, a toutefois précisé le site dans son article. Il n’empêche : une fois de plus, les inégalités femmes/hommes restent frappantes.

From: http://fr.pourelles.yahoo.com/salaire-m%C3%A8res-au-foyer-144257731.html

Salary.com’s 13th Annual Mom Salary Survey

How Much is Your Mom Worth?

Moms. We love them and for good reason. After all, they brought us into the world, raised us, taught us right from wrong and supported us in just about everything we’ve ever done. Biological? Adopted? It doesn’t matter. We owe our mothers everything. And even though they’re too selfless to collect, Salary.com is giving you the chance to hand your mom a check on Mother’s Day by going to our Mom Salary Wizard and finding out what your mom would be paid if moms were – you know – actually compensated.

So that’s why, for the 13th consecutive year, Salary.com surveyed more than 6,000 moms to find out what their top 10 most time-consuming jobs are and how much time per week they spend on each. Then we applied our extensive salary data to each job, factored in the number of hours worked including overtime, crunched all the numbers and POOF – we get an estimate of what mothers would make if they were paid an annual salary.

 

For more details go to:

http://www.salary.com/mom-paycheck/

Egalité professionnelle: l’homme est-il l’avenir de la femme?

Par , publié le 09/01/2014 à  07:43

Comment faire progresser la parité en entreprise? En rendant les hommes plus heureux! C’est l’approche originale du mouvement Happy Men, lancé en 2013 par Antoine de Gabrielli, chef d’entreprise. Décryptage, alors que le Premier ministre présentait lundi 6 janvier la feuille de route 2014 du gouvernement en matière d’égalité hommes-femmes. 

Egalité professionnelle: l'homme est-il l'avenir de la femme?

 De plus en plus d’hommes aspirent à mieux équilibrer vie professionnelle et vie personnelle.

 Reuters/Michaela Rehle

“On ne fait pas des enfants pour ne jamais les voir”. Ainsi parle Alexis, 33 ans, ingénieur en informatique et père de 3 enfants de 6 ans, 4 ans, et 8 mois. Depuis qu’ils sont parents, Alexis et sa femme se sont toujours organisés pour que l’un d’eux soit présent le soir pour récupérer la fratrie à la crèche ou à l’école, donner les bains, préparer le dîner… “Ma femme a des horaires plus contraints que les miens explique l’informaticien. Je privilégie donc les horaires décalés pour partir à 17h30 et m’occuper des enfants”. Un partage des tâches qu’il faut pouvoir assumer face à sa hiérarchie, et aux collègues: “On me regarde parfois curieusement, mais je n’ai aucun problème avec ça, affirme Alexis. Je suis convaincu qu’être un père présent n’empêche pas d’être un bon professionnel”.  

Libérer la parole masculine

Comme Alexis, ils seraient de plus en plus nombreux ces hommes qui aspirent à mieux équilibrer vie professionnelle et personnelle. C’est pour eux qu’Antoine de Gabrielli, chef d’entreprise, fondateur de l’association Mercredi c’est Papa, a lancé en juin dernier Happy Men. Le concept? Former des référents masculins aux principes de l’égalité en entreprise, pour qu’ensuite ils “évangélisent” leurs collaborateurs et leurs collègues, et luttent contre les stéréotypes qui pèsent sur les hommes comme sur les femmes. “Il faut faire comprendre aux responsables d’entreprise que l’égalité professionnelle n’est pas un sujet de “bonne femme” martèle Antoine de Gabrielli, contacté par L’Express. C’est une question de management et d’organisation du travail qui concerne tout le monde, car pour être performante une entreprise ne doit négliger aucun talent, féminin ou masculin. Et pour faire passer ce message, rien de mieux que de commencer par libérer la parole, lors de rencontres entre hommes”. Depuis le lancement de Happy Men, 5 entreprises (Orange, BNP Paribas, Cofely GDF Suez, Accenture, Crédit Agricole) ont décidé d’expérimenter ce dispositif, et 25 référents ont été formés par Antoine de Gabrielli.  

Arnaud Morlaës est l’un de ces “référents Happy Men”. Ce cadre supérieur chez BNP Paribas raconte qu’il a eu deux vies: “D’abord une vie de célibataire, hyperactif, qui travaillait en salle des marchés, une vie où tout allait très vite. Et depuis 6 ans une vie de père de famille, avec une femme qui occupe un poste à responsabilités, au ministère des Affaires européennes”. Quand Arnaud a rencontré celle qui allait devenir sa femme, elle avait déjà deux enfants – rejoints en 2012 par la petite dernière, Clémence. Du jour au lendemain, à 40 ans passé, Arnaud s’est trouvé plongé dans les contraintes parentales : les enfants malades, l’intendance, le casse-tête des gardes quand les deux parents travaillent… Fort de cette expérience, il a tout de suite adhéré au principe de Happy Men: “Grâce à ma position dans l’entreprise, j’ai plus de pouvoir qu’un jeune qui débute. Quand j’annonce que je pars plus tôt pour aller chercher ma fille à la crèche, personne n’ose rien me dire. C’est plus difficile pour un salarié plus jeune, qui, au pire, peut passer pour un salarié peu motivé. Pour faire évoluer les stéréotypes, il faut donc que l’exemple vienne d’en haut. J’y travaille!”.  

Lutter contre les préjugés qui touchent les hommes comme les femmes

C’est Elisabeth Karako, directrice de la diversité du groupe BNP Paribas, qui a proposé à Arnaud et à quatre autres collaborateurs de la banque de rejoindre le club des Happy Men, fin 2013: “Quand leur enfant est malade, la plupart des hommes n’osent pas demander à partir pour s’en occuper, tellement ils ont intégré l’idée que “ça ne se fait pas”. C’est sur ces préjugés qu’il faut travailler, pour permettre aux salariés de rééquilibrer leurs temps de vie, et aux salariées de prendre plus de responsabilités dans l’entreprise”. Dans les prochains mois, ces cinq croisés d’un nouveau genre vont organiser des groupes de paroles avec leurs collègues masculins. Ensuite Elisabeth Karako souhaite que le club de femmes de BNP Paribas, Mixcity, et les Happy Men, se rencontrent, “pour formuler ensemble des solutions concrètes à la conciliation vie perso/vie familiale – avec l’appui de la direction des ressources humaines, évidemment”.  

Aider les hommes à s’épanouir dans leur vie personnelle pour aider les femmes à dépasser le fameux plafond de verre – l’intention est louable et sans doute bénéfique pour l’image de l’entreprise. Mais est-elle efficace? “Oui!” affirme Brigitte Grésy, secrétaire générale du conseil supérieur de l’égalité professionnelle: “Une opération comme Happy Men a déjà le mérite de démonter certains stéréotypes, en valorisant des hommes qui s’impliquent avec bonheur dans la vie familiale. Elle est donc intéressante, mais à condition que cela n’entraîne pas une reculade de la mobilisation des femmes: dans ce contexte de crise, je préfère que les entreprises paient pour lutter contre les inégalités des femmes plutôt que pour des groupes de parole d’hommes ! En outre il ne faut pas arrêter de pointer une réalité du combat pour l’égalité femmes/hommes : il ne pourra être mené à bien sans aborder les questions de partage des responsabilités familiales, et de co-parentalité”.
La co-parentalité, un concept qui semble séduire le nouveau vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. Dans les colonnes du quotidien Bild, samedi dernier, le président du SPD affirme que sa récente nomination au ministère de l’économie et de l’énergie ne l’empêchera pas de continuer à prendre ses mercredis après-midi. Pour plancher sur la transition energétique ? Non, pour passer du temps avec sa petite dernière, Marie, bientôt 2 ans. Les temps changent. 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/egalite-professionnelle-l-homme-est-il-l-avenir-de-la-femme_1312530.html#epe2HdxT5zOIEfki.99

Les femmes repoussées au foyer après la fin d’un CDD

Publié le 30-08-2013

En 1991, 59% des femmes avançaient des “raisons personnelles” pour rester au foyer. La raison majoritaire est devenue la fin d’un CDD.

 

Une femme coupe des tomates chez elle - illustration (SUPERSTOCK/SIPA).

Une femme coupe des tomates chez elle – illustration (SUPERSTOCK/SIPA).

Le premier motif invoqué par les femmes ayant cessé de travailler pour rester à la maison est la fin d’un contrat précaire alors qu’il y a 20 ans les raisons personnelles primaient, selon une étude de l’Insee publiée vendredi 30 août.

L’Institut national de la statistique et des études économiques estime à 2,1 millions le nombre de femmes au foyer en 2011, contre 3,5 millions en 1991. Soit une femme en couple sur cinq au lieu d’une sur trois vingt ans plus tôt.

Une femme au foyer est, selon la définition de l’Insee, une femme de 20 à 59 ans, non étudiante, vivant en couple et inactive. Les femmes vivant seules sont exclues du champ.

En 2011, les femmes au foyer sont plus diplômées qu’il y a vingt ans mais toujours moins que les mères en activité, constate l’étude, qui exploite les enquêtes Emploi menées chaque trimestre auprès d’un échantillon de 100.000 personnes.

En cause, la fin d’un CDD

Elles ont huit fois sur dix (79%) déjà travaillé dans le passé, une proportion proche de celle de 1991 (76%). En revanche, “Les motifs de cessation d’activité ont sensiblement évolué”, souligne l’Institut.

En 1991, 59% des femmes avançaient des “raisons personnelles”. Elles ne sont plus que 21% en 2011 et “la raison majoritaire est devenue la fin d’un CDD”.

Ce motif de fin de contrat à durée déterminée est invoqué par 35% des femmes, contre 10% en 1991. 11% des femmes expliquent aussi leur retrait de la vie active par un licenciement économique (contre 4% en 1991).

Le passage par le chômage, la conjoncture économique “moins favorable” fait que “certaines femmes peuvent se décourager: ne recherchant plus véritablement d’emploi, elles deviennent alors inactives”, souligne l’Insee.

Mais c’est un “ressenti” et “il est parfois difficile de démêler l’effet de la situation sur le marché du travail des choix personnels”, explique une enquêtrice à l’AFP.

Les interruptions vont “souvent” de pair avec l’arrivée d’un enfant mais 43% des femmes au foyer en 2011 n’avaient pas (ou plus) d’enfants mineurs encore à la maison, relève encore l’Insee.

30% des femmes à temps partiel

Une deuxième étude publiée vendredi par l’Insee compare les taux d’emploi des hommes et des femmes.

Entre 2003 et 2011, cet écart se resserre mais il reste important. Ainsi, en 2011, 67% des femmes étaient en emploi contre 76% des hommes. La proportion de femmes augmente d’un point sur la période tandis que celle des hommes diminue de 3.

L’écart grimpe de 9 à 15 points si l’on tient compte du temps travaillé. Recalculé en équivalent temps plein, le taux d’emploi était alors en 2011 de 59% pour les femmes contre 74% pour les hommes.

Ce taux, explique l’Insee, donne une vision plus complète de la situation du marché du travail où 30% des femmes sont à temps partiel, contre 6% des hommes seulement.

En équivalent temps plein, le taux d’emploi des femmes au foyer de moins de 30 ans et sans diplôme tombe à 29%.

From: http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130830.OBS4958/les-femmes-repoussees-au-foyer-apres-la-fin-d-un-cdd-selon-une-etude.html#xtor=EPR-1-%5BActu8h%5D-20130830

 

Zeinab Nasrallah, a typical case of a struggling rural woman with a multiform workload

On July 22, 2013 Al Akhbar newspaper published a profile report on 39 years old Zeinab Nassrallah, who grows tobacco in an area exceeding 50 thousand square meters, produce bread, and sell it on a daily basis, also runs a small commercial shop near her home, and follows studies in one of the neighboring religious schools ‘Hawzaat’. The newspaper report describes in much detail Zeinab’s daily multiple chores, and quotes her saying that organization and good management are the two backbones of success. Despite the skepticism of some of her neighboring farmers about her capacity to grow tobacco alone on such a large area, Zeinab indicated that she began at 17 years of age by cultivating 12 dunums, reaching now 50 dunums and aiming for more. She noted that the personal and external difficulties that she has gone through (poverty, war and the premature death of her father) have strengthened her resolve to maintain her dignity and the dignity of her sisters.
Zeinab points out that what bothers her most are not work difficulties but criticisms by others. Some for example do not approve of her driving a pick-up truck to transfer laborer. Nevertheless, Zeinab remains upbeat and ambition now to learn how to fix vehicles to address emergencies. She also has plans to raise cattle and bees, and thus secure less strenuous livelihood opportunities to her sisters.
Source: Al-Akhbar 22 July 2013

زينب تزرع 50 دونماً دخّاناً وتخبز 400 رغيف يومياً

داني الأمين

عندما تنهض زينب نصرالله (39 سنة) عند الثالثة فجراً، يبدأ يوم عمل جديد. بسرعة ترتدي زينب ثياب العمل وتدير محرّك سيارتها الجديدة من نوع «بيك آب». تجول على عدد من الأيدي العاملة من أبناء بلدتها، لتقلّهم الى سهل الخيام، الذي يبعد عن البلدة نحو 25 كلم. هناك يكون القطاف على أنوار مستعمرة المطلّة الخافتة، فالقطاف الباكر جداً ضروريّ لاستغلال الوقت، لكنه يحتاج الى الضوء الذي لا توفّره الدولة هنا.

تتسابق زينب وعمالها إلى قطاف أوراق التبغ المرّة، لأن الحقول التي زرعتها كبيرة جداً، تزيد مساحتها على 50 ألف متر مربع، وهو رقم لم يصل اليه مزارع جنوبي حتى الآن، فكيف اذا كانت مزارعة ــ امرأة.
تخبز زينب الخبز ايضا وتبيعه، اضافة الى مواظبتها على ادارة دكان صغير قرب منزلها، ومتابعة دراستها الدينية في احدى حوزات المنطقة. 50 ألف متر مربع مزروعة بشتول التبغ مغامرة كبيرة في نظر أبناء المنطقة من المزارعين، فكيف مع كل الاعمال الاخرى الاضافية.
يقول علي ابراهيم، من بلدة عيترون، «نحن عائلة من 8 أفراد نزرع طوال السنة 10 دونمات، ولا وقت لدينا للفراغ»، ويعتبر أن «زراعة 50 دونم أمر مستحيل»، لكن لزينب رأياً آخر وتجربة أخرى، تروي انها «بدأت بزراعة 12 دونماً، وأنا في السابعة عشرة من عمري، أما اليوم فأزرع الخمسين دونم وأطمح للمزيد»، وتعتبر أن «التنظيم والادارة هما أساس النجاح، لذلك أجيد استخدام الوقت والمصاريف». تتحدث زينب عن أيام الفقر والاحتلال، يومها فكّرت ماذا عليها أن تفعل للحفاظ على كرامتها وكرامة أخواتها، «تعلّمت زراعة التبغ من والدي، الذي رحل عنا باكراً، فأخذت على عاتقي متابعة الطريق، وعلمت أنني استطيع فعل كل شيء بالصبر والنظام».
عند المغيب تتهيأ زينب وأخواتها الثلاث لصناعة الخبز المرقوق، أما في أوقات الاستراحة من زراعة التبغ، فتعمل زينب على خبز الخبز مع احدى شقيقاتها، وتقول «علينا ان نخبز يومياً 20 عدّة خبز كحدّ أدنى»، أي ما يعادل 400 رغيف خبز، يتم تسويقها بسرعة قياسية، «الزبائن يحضرون الى المنزل ليأخذوا الخبز وبعض التجار يوزعونه على المحال التجارية». هذا لا يعني أن لا وقت للفراغ عند هذه الأسرة، «نعيش كغيرنا من أبناء البلدة، لكننا نستغلّ الوقت جيداً، ونفتح دكاناً صغيراً كان يحقق لنا أرباحاً معقولة، فنحن نستطيع البيع والشراء أثناء عملنا في شكّ التبغ أو خبز الخبز في جوار المنزل، لأن الزبائن يعلمون مكان وجودنا».
في شهر أيار من كل عام تكون زينب قد انتهت من زراعة شتول التبغ وبدأت بقطاف شتول أخرى، فالأراضي تحتاج الى وقت طويل لزراعتها ( بين آذار ونيسان)، وتحتاج زينب الى نحو 10 عمال لمساعدتها على القطاف، لأن سهل الخيام ينتج بشكل مضاعف، نسبة الى أراضي القرى الجبلية، وهذا يساعد زينب على ترك العمل في الحقل قليلاً لتعود الى البلدة لمتابعة عملية شك الأوراق، التي توزع الكثير منها على بنات الضيعة ليساعدنها على شكّها مقابل أجر محدد، في الوقت عينه تقوم زينب بطبخ الطعام للعمال داخل منزلها، وأحياناً تستغل بعض أوقات الفراغ لمتابعة دروسها الدينية.
تحتاج زراعة 50 دونماً من التبغ الى مصاريف كثيرة، اضافة الى استئجار الرخص من أصحابها، تقول زينب «تكلفني زراعة هذه الأراضي 30 مليون ليرة سنوياً، أما الانتاج الصافي فيزيد على الخمسين مليون ليرة». انتاج زينب وأخواتها بات مثالاً يُحتذى. حتى أن بعض الأمهات بتن يعايرن بها أولادهن من الشباب العاطلين عن العمل، ويقلن لهم «شوفو زينب كيف بتشتغل بتعرفوا انوا بالبلد ما بيخلى الشغل». أحد أبناء البلدة من المغتربين، قرّر ترك الاغتراب في ألمانيا والعودة الى زراعة التبغ في سهل الخيام، «استأجر 30 دونماً وزرعها هذا العام على أمل الانتاج المضاعف». تقول زينب «أجرة دونم الأرض في سهل الخيام 25 الف ليرة سنوياً، بينما في البلدة تزيد على 50 ألف ليرة، أما الانتاج فهو مضاعف أيضاً، ما يعني أن الأرباح ستكون أكثر بكثير، لذلك زراعة 50 دونم تحتاج الى استئجار 20 رخصة تبغ». أكثر ما يزعج زينب اليوم، ليس العمل وصعوبته، بل «لأن البعض يحاول انتقادي على عملي الكثير، وكأنه يتعب عني»، أما سيارة «البيك آب» فلم تحرج زينب أكثر مما زعجها عدم تقبل البعض لقيادتها ونقل عمالها الى عملهم، وكلّ ذلك لا يبدو أنه سيخفّف من نشاط زينب فهي «تطمح لتعلم كيفية تصليح أعطال السيارة الطارئة، كي استطيع تخليص نفسي واستغلال وقتي»، كما تطمح لاقامة مزرعة لتربية الأبقار وتربية النحل، وايجاد فرص انتاجية أقل مشقّة على شقيقاتي، فكل ما اريده أن يعمل شقيقاتي في مؤسسة تابعة لهن، حفاظاً على كرامتهن وعزتهن».

مجتمع واقتصاد
العدد ٢٠٦٠ الإثنين ٢٢ تموز ٢٠١٣

Travail familial non-rémunéré et PIB, un projet dans le vent ?

Concernée par une réelle émancipation, c’est à dire par la possibilité réelle d’autodétermination et de choix de vie,  de chaque femme, Monique Geens-Wittemans qui, au fil de rencontres nationales et internationales dans le cadre de son engagement dans le mouvement pour la reconnaissance du travail familial non-rémunéré, a développé un réel intérêt pour le suivi donné à la revendication lancée au début des années 70, visant à introduire le travail familial non rémunéré dans le calcul du PIB, nous a livré ses réflexions sous la forme d’une lettre adressée aux dirigeants européens et belges, en préparation de la future présidence belge. Nous sommes heureux d’en présenter la substance à nos lecteurs.

 Qui voudrait lire le texte intégral de l’auteur le trouvera sur notre site web – http://www.forum-européen-des-femmes.eu – en français et néerlandais – langue de l’auteur – dans la section « écho». Ne manquez pas de nous communiquer vos réflexions sur ces propositions, nous les transmettrons à l’auteur.

 « L’air que nous respirons et le travail familial – particulièrement le travail de soin et d’attention (« Care ») – ont en commun qu’ils sont tous deux aussi essentiels qu’invisibles ». Cette phrase de Monique Geens-Wittemans met en exergue un projet qui est dans l’air depuis bien des années : l’introduction du travail familial non-rémunéré dans les comptes satellites du PIB, réclamée – entre autres – par les Conférences Mondiales des Femmes de Nairobi (1985) et Pékin (1995) ainsi que, plus récemment, par le rapport de la Commission Stiglitz, remis le 14 septembre 2009 par ses auteurs  Joseph Stiglitz, président de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, et Amartya Sen, son conseiller, tous deux Prix Nobel d’Economie.

Le Produit Intérieur Brut, ou PIB, est un indicateur économique qui mesure le niveau de production d’un pays: production marchande (biens matériels) ou non-marchande (services). Sont exclus du PIB  les biens et services produits et consommés au sein même des ménages, ainsi que les activités domestiques, telles que l’éducation des enfants, la prise en charge d’un parent malade, … exécutées au foyer encore majoritairement assumées par les femmes.

Cependant la famille   est un acteur de la vie économique d’un pays, et, comme le rappelle Monique Geens-Wittemans, « le premier amortisseur en cas de crise». Or le stress causé par une situation de crise «peut détruire la cohésion familiale et mener à la désintégration sociale». Il convient donc d’instaurer des mesures de soutien à la famille. La mesure et l’évaluation du travail familial procurerait un instrument objectif à cet effet. Le travail familial non-rémunéré devrait donc être compris dans les comptes satellites du PIB.

  • Selon la définition de l’INSEE, Institut National (français) de la Statistique et des Etudes Economique, «un compte satellite est un cadre de présentation des données de l’économie d’un domaine particulier en relation avec l’analyse économique globale du cadre central de la comptabilité nationale. L’éducation, la santé, la protection sociale, l’environnement en sont des exemples.»

Des idées de mesures ont déjà été proposées à ce sujet par la Commission Stiglitz, du nom de son fondateur Joseph Stiglitz, créée le 8 janvier 2008 sur l’initiative de Nicolas Sarkozy afin de développer une «réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives», d’élaborer de nouveaux indicateurs de richesse, et d’«élargir la mesure des revenus aux activités non-marchandes». Le Figaro, qui a eu l’occasion de détenir le rapport Stiglitz, écrit que cette commission travaille sur trois principaux sujets: «remettre les individus au centre de toute analyse», «mieux valoriser le montant des transferts en nature de l’État vers les ménages» et « la question du développement durable».

La Commission européenne reprend cette idée dans la communication « Le PIB et au-delà – Mesurer le progrès d’un monde en mutation », Bruxelles, 20 août 2008, COM(2009) 433 final, cf.

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0433:FIN:FR:DOC

Le document recommande l’extension des comptes nationaux aux thématiques tant sociales qu’environnementales. Cependant l’élaboration des indicateurs relatifs à l’environnement sera entamée dès 2010, alors que celle de comptes supplémentaires relatifs aux aspects sociaux est remise à plus long terme. Or, remarque Monique Geens-Wittemans, selon l’Eurobaromètre de novembre 2009, disponible en ligne sur: http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/1858&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr, pour 69% des Européens la pauvreté est la première préoccupation,   les problèmes environnementaux venant en second lieu (63%); de précédentes études Eurobaromètre rapportent que la famille tient lieu de première valeur et priorité, avant l’emploi. Pour notre auteur, «l’introduction du travail familial non-rémunéré dans des comptes satellites du PIB […] démontrera à de nombreux eurosceptiques que l’UE n’est pas uniquement une froide construction économique où l’être humain n’est perçu que comme une unité numérique dans un système purement mathématique», ce qui contribuerait à donner de l’Union européenne une image plus humaine et sociale, en cette année 2010 déclarée année européenne de combat contre la pauvreté et l’exclusion.

Dans l’optique de Monique Geens-Wittemans, la révision de la stratégie de Lisbonne et la modernisation des systèmes nationaux de sécurité sociale au sein de l’UE, qui doivent se réaliser, forment deux raisons de procéder à introduire le travail familial non rémunéré dans les comptes satellites du PIB.  En effet tout individu, dès sa naissance, a droit au respect de ses besoins d’attention et de soins personnels,  et  «pourvoir à ces besoins est tout aussi essentiel à la survie de la communauté que l’est la production de produits d’alimentation, la défense du territoire et l’élaboration d’une politique pourvoyant aux besoins de la communauté».

Ces besoins et soins sont la plupart du temps assurés par les mères ou les femmes qui «organisent, interrompent ou cessent leur participation au marché du travail en fonction du besoin de soin au sein de la famille».   Cette prise en charge ne peut donner lieu à la fragilisation de ces personnes comme c’est le cas actuellement.  «Voilà pourquoi il est nécessaire, lors de la révision de la stratégie de Lisbonne, et plus particulièrement de la réorganisation du marché de l’emploi en fonction du cycle de vie par le moyen d’un système de sécurité sociale moderne (voir A, Ligne Directrice 18 de la stratégie actuelle), de prendre en considération l’entièreté de la population en âge d’exercer une activité professionnelle et non les seuls travailleurs, ainsi que d’élargir la notion de participation au travail en reconnaissant le travail familial non-rémunéré comme participation sociale et en y attachant des droits sociaux appropriés, indépendamment de tout statut d’emploi. Ainsi sont à la fois conjugués les besoins des familles et le besoin d’un degré d’autonomie financière des parents au sein du couple; ainsi chaque parent a-t-il la possibilité réelle de se développer tout au long de sa vie, à son propre rythme et selon ses propres priorités. Il convient d’attacher ici une attention toute particulière non seulement aux familles confrontées à la pauvreté mais aussi de prendre des mesures préventives adéquates…».   L’introduction du travail familial non-rémunéré permettra ainsi un meilleur calcul des allocations en fonction du nombre de personnes dans la famille ainsi que selon la dépendance de chacun.

Marie-Bernard Lejeune

From: http://www.forum-europeen-des-femmes.eu/travail-familial-non-remunere-et-pib-un-projet-dans-le-vent-809

Of Housework And Husbands… Women still do nearly twice the amount of housework as men.

Of Housework And Husbands

by Lisa Wade, PhD, Jul 11, 2009, at 11:20 am

Married women in the U.S. do about 70 to 80 percent of the housework. When women marry, the number of hours they spend on housework increases; for men, it stays the same. When couples have children, her housework increases three times as much as his. Feminist women do less housework than non-feminist women; men married to feminist women do the same amount of housework as men married to non-feminist women.

All this and more, including some data on Portugal, China, Russia, South Africa, Italy, Britain, and the Netherlands, can be found at this fact sheet at the blog Social Studies.

The discrepancy between the number of hours wives and husbands contribute to housework decreased between 1965 and 1995:

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According to the fact sheet:

…in the 1990s, U.S. women spent about half the time on housework as they had 30 years earlier (17.5 hours down from 30 each week), while men, on the other hand, were spending just over twice the time they had spent (10 hours up from 4.9).

Women, however, still do nearly twice the amount of housework as men.

You may notice that the increase in hours that husbands now spend on housework does not match the decrease in hours that wives now spend on housework.  This means that we have dirtier houses (no, really, we do).  We also now hire housecleaners, and that makes up some of the difference.  It may also be true that our gadgets (e.g., washers and dryers) save us time.

Lisa Wade is a professor of sociology at Occidental College.

From: http://thesocietypages.org/socimages/2009/07/11/of-housework-and-husbands/

 

 

To mark World Day Against Child Labour, the ILO publishes a report outlining the abuses suffered by millions of children working in family homes.

World Day Against Child Labour 2013

Ten million child labourers in domestic work

To mark World Day Against Child Labour, the ILO publishes a report outlining the abuses suffered by millions of children working in family homes.

News | 12 June 2013

 

 
© S.Sekhri / The Times Of India

GENEVA (ILO News) – An estimated 10.5 million children worldwide – most of them under age – are working as domestic workers in people’s homes, in hazardous and sometimes slavery-like conditions, says the ILO.

Six and a half million of these child labourers are aged between five and 14 years-old. More than 71 per cent are girls.

According to the latest figures in a new ILO report, Ending Child labour in domestic work, they work in the homes of a third party or employer, carrying out tasks such as cleaning, ironing, cooking, gardening, collecting water, looking after other children and caring for the elderly.

Vulnerable to physical, psychological and sexual violence and abusive working conditions, they are often isolated from their families, hidden from the public eye and become highly dependent on their employers. Many might end up being commercially sexually exploited.

“The situation of many child domestic workers not only constitutes a serious violation of child rights, but remains an obstacle to the achievement of many national and international development objectives,” said Constance Thomas, Director of the ILO’s International Programme on the Elimination of Child Labour (IPEC).

Twitter Q&A Session

Tweet your questions on child labour in domestic work to José María Ramírez, ILO Officer for the International Programme on the Elimination of Child Labour, on Thursday June 13 from 14:30-15:30 CET @ILONews, using the hashtag #ILO2013.

The report, launched to mark World Day Against Child Labour, calls for concerted and joint action at national and international levels to eliminate child labour in domestic work.

“We need a robust legal framework to clearly identify, prevent and eliminate child labour in domestic work, and to provide decent working conditions to adolescents when they can legally work,” Thomas stressed.

It is estimated that an additional 5 million children, who are above the minimum legal age of work in their countries, are involved in paid or unpaid domestic work globally.

Hidden from view

Child domestic work is not recognized as a form of child labour in many countries because of the blurred relationship with the employing family, the report says. The child is “working, but is not considered as a worker and although the child lives in a family setting, she or he is not treated like a family member.”

This familial and legal “care vacuum” disguises an “exploitative arrangement”, often characterized by long working hours, lack of personal freedom and sometimes hazardous working conditions. The hidden nature of their situation makes them difficult to protect.

The report calls for improved data collection and statistical tools so that the true extent of the problem can be ascertained. It also presses for governments to ratify and implement ILO Convention 138, concerning the minimum age for admission to employment and ILO Convention 182, on the worst forms of child labour.

However, it stresses that domestic work is an important source of employment, especially for millions of women. This has been recognized in the landmark ILO Convention 189 concerning decent work for domestic workers which, the report says, should also be promoted as part of the strategy to eliminate child labour in domestic work.

“Domestic workers of all ages are increasingly performing a vital task in many economies. We need to ensure a new respect for their rights and to empower domestic workers and their representative organisations. An essential aspect of this new approach involves tackling child labour.” said Thomas.

From: http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_215170/lang–en/index.htm

 

 

La Suède incite les pères à rester à la maison… « La parité (…) n’est pas une question exclusivement idéologique, mais économique aussi. »

La Suède incite les pères à rester à la maison…

OLJ/AFP | mardi, mai 21, 2013

 Set Moklint et son fils Wilhelm dans un parc de Stockholm. Jonathan Nackstrand/AFP


Set Moklint et son fils Wilhelm dans un parc de Stockholm. Jonathan Nackstrand/AFP

 

« La parité (…) n’est pas une question exclusivement idéologique, mais économique aussi. »

Dans un parc du centre de Stockholm, un œil attentif posé sur sa fille Alma endormie dans sa poussette, Anders Weide, la trentaine, attend sur un banc un ami parti changer son fils. Dans la capitale suédoise comme ailleurs dans le pays, l’image n’étonne personne. « C’est très important de voir des pères se promener en ville avec des poussettes, ça donne l’exemple », explique Lars Plantin, sociologue à l’Université de Malmö, spécialiste des questions de parentalité. Une multitude d’études sociologiques montrent que les pères suédois sont plus impliqués que les autres dans la vie quotidienne et les travaux ménagers, relève-t-il.


Déposer et chercher les enfants à l’école, les accompagner à diverses activités mais aussi panser les bobos, rester à la maison pour les soigner lorsqu’ils sont malades et préparer les repas : les pères suédois ne rechignent à aucune tâche et investissent des terrains traditionnellement réservés aux femmes. Depuis 2011, un magazine, simplement baptisé Pappa, est consacré aux hommes qui « aspirent à accorder du temps à leurs enfants ». Au plus haut niveau, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt n’a jamais caché sa passion pour l’aspirateur. Son ex-femme, Filippa, a gravi les échelons en politique en même temps que lui. Ils sont parents de trois enfants. En cas de séparation, les parents sont sur un pied d’égalité face aux enfants depuis 1976. « L’idée qui prévaut est que l’enfant va bien quand il a de bonnes relations avec ses deux parents, ce qu’encourage le partage de la responsabilité légale », indique Anna Singer, professeur de droit civil à l’Université d’Uppsala. « Le système encourage les pères à prendre leurs responsabilités, il a éduqué les citoyens », se félicite-t-elle. « La parité est une condition pour que la Suède aille de l’avant. Ce n’est pas une question exclusivement idéologique, mais économique aussi », estime M. Plantin. Les enfants peuvent être pris en charge en collectivité dès l’âge d’un an pour un prix modique. Car le pays estime qu’il « n’a pas les moyens de laisser la moitié de sa population en marge du marché du travail. Il ne s’agit pas de laisser les hommes à la maison mais de faire travailler plus de femmes », précise M. Plantin. D’après Eurostat, le taux d’activité des femmes est en Suède le plus élevé de l’UE, avec 77,2 % en 2011.


La Suède a encore pourtant des progrès à faire dans l’égalité au travail. Selon l’institut statistique national (SCB), si 82 % des enfants ont deux parents qui travaillent, les femmes ne sont que 42 % à travailler à temps plein, contre 74 % des hommes. Quant au symbole même de la politique paritaire, le généreux congé parental de 16 mois (au total pour les deux parents), les mères en prennent plus de 75 %. En 1974, quand il a été instauré, elles en raflaient 99,5 %. L’introduction en 1995 d’un mois réservé à l’autre parent, autrement dit le père, a forcé les hommes à s’investir. En 2002, un deuxième mois leur a été réservé. Aucune excuse pour le père qui n’en profite pas : il a jusqu’aux huit ans de son enfant. « On est dans la bonne direction mais ça va trop lentement », estime Ulrika Haggström, chargée de mission au syndicat des cadres, TCO. Selon elle, au moins trois mois devraient être réservés au père.


Passer du temps avec sa fille, dont il s’occupe depuis janvier, est « naturel » pour M. Weide. « J’aurais loupé la relation que j’ai avec Alma si je ne l’avais pas fait. Nous sommes plus soudés comme famille », affirme cet infirmier, que son employeur laissera reprendre le travail en septembre. L’entourage professionnel n’est pas toujours aussi compréhensif. « Mes collègues, surtout les hommes, n’ont pas bien compris », confie Set Moklint, 31 ans, opérateur dans un centre d’appels d’urgence. Il apprécie le coup de pouce économique de la Sécu, qui verse un bonus aux parents qui partagent équitablement le congé, pendant toute sa durée. « Ça nous fait 120 euros chacun par mois en plus. On l’aurait fait sans ça, mais ça aide ! » affirme-t-il. Selon Lotta Persson, analyste à SCB, l’implication des pères explique aussi le fort taux de fécondité de la Suède. En 2011, avec 1,9 enfant par enfant, le royaume scandinave se place juste derrière l’Irlande et la France dans les statistiques d’Eurostat.

Article published in L’Orient Le Jour newspaper :http://www.lorientlejour.com/article/815234/la-suede-incite-les-peres-a-rester-a-la-maison.html