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Communiqué de presse de l’ADFM – Press Release Morocco

 Association Démocratique des Femmes du Maroc

 

L’ADFM tire la sonnette d’alarme quand à la mise en œuvre de l’égalité par l’actuel gouvernement.

Les informations, rapportées par la presse, de la première réunion de la commission interministérielle mise en place par le gouvernement et présidée par le Chef du Gouvernement pour assurer le suivi et la mise en œuvre du plan gouvernemental pour l’égalité des sexes, suscite des interrogations voire une inquiétude de la part du mouvement fémininste qui a tant lutté pour que le Maroc se dote d’un véritable plan d’action nationale pour l’égalité.
L’introduction du Chef de Gouvernement M. Benkirane, sensée mobiliser et impulser la mise en œuvre du dit-plan, s’est transformée en une mise en garde et des réserves justement sur ce point de l’égalité entre hommes et femmes. Voici donc le haut responsable de l’Etat, oubliant qu’aujourd’hui la nouvelle constitution, adoptée à une très grande majorité du peuple marocain, est fondée sur l’égalité entre les citoyens et citoyennes et fait obligation aux pouvoirs publics d’agir pour l’égalité entre les sexes (préambule et article 19 de la Constitution).
Le chef du gouvernement nous renvoie à un débat que l’on pensait clos depuis 2000 en se déclarant opposé à l’égalité entre les sexes à l’occidentale! Que signifie une telle déclaration émanant d’un haut responsable de l’Etat? constitue-t-elle une remise en cause des engagements internationaux du Maroc et notamment à l’égard de la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, alors que les réserves à l’égard de cette convention ont été levées et que le Maroc a adhéré au protocole facultatif relatif à cette convention?
Ce n’est pas le seul message inquiétant qui a été transmis dans cette réunion. Peut on excuser l’ignorance de ministres sensés avoir adopté le plan dit “Ikram” à l’égard d’un concept aussi fondamental que le budget-temps alors que dès 1997-1998 une première enquête budget temps avait été faite par le Ministère de la prévision économique et du plan bien avant la nouvelle enquête en cours par l’actuel Haut Commissariat au Plan? Plus grave encore, comment expliquer que la seule Ministre du gouvernement, Mme Bassima El Hakkaoui qui a été chargée du dossier et sensée le porter ait été incapable d’expliquer le concept appelant au secours son collègue ministre de la Fonction publique, M. Abdeladim Guerrouj.
Le Chef du gouvernement ignore-il qu’il n’est possible de se rendre compte de l’apport économique des femmes et de leur contribution au bien être familial et social sans une approche fondée sur l’observation scientifique et sur des statistiques, des activités des femmes et de leur emploi du temps. Ignore-t-il que ce sont les préjugés et les affirmations stéréotypées sur le rôle des femmes qui constituent un des principaux freins à la pleine participation des femmes à la vie économique et par conséquent au développement?
Plus grave encore voilà que le Chef de Gouvernement se prononce contre la participation des hommes aux travaux ménagers comme si cela constituait une atteinte à leur virilité! Est ce là une spécificité culturelle du Maroc ou est ce l’émanation d’une vision profondément rétrograde du principal parti de la majorité sur le rôle et la place des femmes dans la société?
L’ADFM se dit indignée par les déclarations du chef du gouvernement et interpelle M. Benkirane pour accélérer la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles en matière des droits des femmes et la mise en place de mécanismes clairs qui garantissent le respect des droits individuels et la jouissance des femmes marocaines de tous leurs droits

Ideological barriers to Moroccan women’s access to the public sphere

الأنتروبولوجية المغربية حياة الزراري الإيديولوجية تقاوم ولوج المرأة العام

مغرب الغد

 قالت الأنتروبولوجية المغربية حياة الزيراري أن أساس العنف ضد النساء في المجال العام ناتج عن استمرار” مقاومة إيديولوجية واقتصادية وثقافية لولوج المرأة لهذا المجال”. للمجال وتساءلت  الزيراري في مداخلة قدمتها خلال يوم دراسي نظمته الجمعية المغربية لمناهضة العنف ضد النساء، احتضنته البيضاء أول أمس الثلاثاء بالدار البيضاء  “كيف يمكن لبرامج السياسات العمومية أن لا تأخذ بعين الاعتبار ظاهرة يعرفها ويعاني منها الجميع؟

وفي معرض إجابتها كشفت أستاذة الأنتروبولوجيا بجامعة الحسن الثاني بالمحمدية أن هناك مقاومة إيديولوجية واقتصادية وثقافية لولوج المرأة للمجال العام الأمر الذي ينعكس، تقول الزيراري، على السياسات العمومية وولوج المرأة للفضاء العام وما يترتب عليه من أنواع من العنف

ومن جهة أخرى دعت الزيراري، والتي سبق وأن شغلت منصب رئيس الجمعية المغربية لمناهضة العنف ضد النساء، إلى ضرورة الأخذ بالإعتبار هذا المعطى من لدن الفاعلين وأصحاب القرار للبحث عن مقربات والتفكير في سياسات تضمن الأمن وخاصة الأمن الحضري

وفي معرض تحليلها للظاهرة نبهت الباحثة إلى بعض القيم المرتبطة بالمجال وكيف أن دلالة المجال العام إيجابية بالنسبة للرجل، وسلبية بالنسبة للمرأة. وترى الباحثة أن ثمة، اختلافات تمييزية بين الرجال والنساء بخصوص حضورهم بالمجال العام، ويجب دراسة هذه الإختلافات  في إطار السياسات العمومية المرتبطة بالحقوق والمساواة بين المواطنين

وحول أثر العنف قالت الزيراري “يمثل العنف عائقا بالنسبة للمرأة داخل المجال العام، ما يدفع لدراسة التمييز المجالي الذي تتعرض له المرأة”. وحول بعض المظاهر الشعبية لفهم العنف  وتوجيه اللوم للمرأة باعتبار مسؤوليتها عن ما تعانيه من عنف، رفضت  الزيراري اعتبار الأمر  معطى طبيعيا” بل إنه بناء ثقافي” تشدد الباحثة. وفي في هذا الصدد قدمت  مثال التحرش الجنسي الذي يعتبر جريمة في حق المرأة، إلا أن المجتمع يتجه غلى تحميل المرأة عبء ذلك، من خلال لومها على نوع لباسها وساعة خروجها، ما يجب إعادة النظر فيه وتجاوزه

ونبهت المتدخلة  إلى بعض المسلمات الاجتماعية  من قبيل أن اللباس ليس سببا مباشرا في تعرض المرأة للعنف، لأننا نعرف أن المحجبات كذلك يتعرضن للتحرش، لذا فالحل ليس إحكام المرأة في لباسها أو منزلها بل من خلال مقاربة قانونية عمادها ضمان الحق لولوج المجال العام لكلا الجنسين

صحيح ، تقول الباحثة، أن هناك تطور لممارسات جديدة من أجل مناهضة العنف إلا أن المرأة قلما تستفيد من ذلك، ومن هنا تبين المتدخلة كيف أن عمل الجمعيات والدراسات والأبحاث التي أقيمت بينت أن السياسات العمومية ليست محايدة، وأنها تتأسس على قيم ومرجعيات معينة، ويجب دراسة ذلك خاصة فيما يخص النوع الإجتماعي

وحول الحلول المقترحة للحد من العنف ضد النساء في المجال العام، اكدت الزيراري على ضرورة سن سياسات عمومية  لتدبير المجال الحضري ، سياسات أكثر مساواة مع ضمان حرية التنقل للجميع من خلال التدبير الحضري (الحملات التحسيسية، المساواة في التنقل…)، وتطور آليات ونظام حفظ الأمن (دور الشرطة والجمعيات…)، التفكير في المؤسسات العمومية المختصة لمقاربة مشكل العنف بشكل شمولي، كما يجب على المجتمع المدني أن يتابع هذا الموضوع بحثا ودراسة وتقييما

يذكر أن اليوم الدراسي الذي نظمته الجمعية  المغربية لمناهضة العنف ضد النساء بعنوان ” الأمان، النوع الاجتماعي والسياسات العمومية” شهد مشاركة عدد من الفاعلين الجمعويين والمؤسسات المحلية والمنتخبة بالإضافة إلى خبراء وباحثين في مختلف التخصصات. كما شارك في الفعالية كل من ممثل عن وزارة الإسكان والتعمير وسياسة المدينة ، والسوسيولوجي محمد الصغير جنجار والباحثة ربيعة الناصري والأستاذة عائشة أيت محند والباحث عبد الله زهيري

From: http://malghad.com/news3542.html

Women’s Rights and Wage Inequalities : the priorities of the French Ministry for Women’s Rights

Vallaud-Belkacem : “Si on accepte l’inégalité salariale, on accepte toutes les inégalités”

Un an après la création du ministère des droits des femmes, la ministre et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, doit présenter mercredi 3 juillet son projet de loi sur l’égalité hommes-femmes. Cinq participants du Monde Académie l’ont rencontrée en mai, afin de dresser le bilan de son action.

Avec votre nomination au ministère des droits des femmes, ce ministère redevient de plein exercice pour la première fois depuis 1986. Mais d’abord, pourquoi le choix de ce nom, “droit des femmes”, et pas “égalité hommes-femmes” ?

Najat Vallaud-Belkacem : Aujourd’hui l’objectif est de faire l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette volonté passe par le fait de rehausser les droits et les opportunités réelles des femmes, d’où la nécessité d’un ministère des “droits” – sous-entendu des opportunités – et des femmes. C’est un ministère difficile car vous devez consacrer autant de temps à convaincre les gens de l’importance et de la pertinence de votre sujet qu’à mener les réformes. Je passe énormément de temps à faire de l’inter-ministérialité. De plus, il est doté de peu de moyens : une administration de moins de 200 personnes et un budget d’une vingtaine de millions d’euros seulement.

Avez-vous envie de marquer la cause des droits des femmes, et de quelle manière ?

Bien sûr, j’espère que nous marquerons par notre passage l’histoire des droits des femmes, et le seul moyen d’y parvenir est de transformer l’égalité en droit, écrite dans les textes, en une égalité en fait. Les entreprises qui violent leurs obligations n’ont jamais été sanctionnées, donc, de fait, l’égalité n’existe pas. On m’accuse aujourd’hui d’être une “mère Fouettarde”, parce que les premières sanctions contre les entreprises de plus de 50 salariés n’appliquant pas le décret de loi sur l’égalité salariale sont tombées il y a quelques semaines.

Les entreprises sanctionnées doivent désormais payer tous les mois 5 000 euros. Elles se rendront compte qu’il est beaucoup moins coûteux de prévoir tous les ans des enveloppes de rattrapage, de ne pas laisser se creuser les écarts, que de payer des pénalités. La vraie question est celle-ci : pourquoi les lois sont-elles appliquées dans d’autres domaines où les entreprises se savent pénalisées ?

Pourquoi ce chantier de l’égalité salariale avant tout ?

Parce que c’est celui qui touche le plus de Français. Il n’est pas une seule femme, tout milieu et tout âge confondus, qui ne se sente pas concernée par cette inégalité. Si on accepte l’inégalité salariale, alors on accepte les inégalités dans tout le reste de la société : la domination, l’oppression et, à terme, les violences.

C’est ausssi le but de la campagne “Léa”, diffusée à la télévision…

Faire prendre conscience qu’il existe un écart de rémunération de 25 % entre hommes et femmes, et 35 % d’écart de retraites, à une heure de grande écoute et sur les plus grandes chaînes, est essentiel. L’écart de temps consacré aux tâches domestiques est également énorme : les hommes n’effectuent en moyenne que dix minutes de tâches ménagères supplémentaires de plus qu’il y a vingt-cinq ans !

Lire aussi : Masculin-féminin : cinq idées reçues sur les études de genre

Vous appartenez à un gouvernement paritaire. Faudrait-il étendre les quotas de femmes à davantage de domaines ?

Depuis que nous sommes aux responsabilités, un certain nombre d’instances ont été rendues paritaires. C’est le cas des autorités administratives, du Conseil national du numérique, de la Banque publique d’investissement et de son conseil d’administration, mais c’est aussi valable pour le Haut Conseil des finances publiques, ou le Comité des retraites. Tous ces organismes vont nous permettre d’agir au niveau des politiques que nous allons conduire. Nous entendons inscrire la parité au sein de ces autorités administratives dans la loi.

Cependant, il faut faire attention à ne pas donner l’impression d’être dans la contrainte permanente. Certaines femmes estiment que ça n’est pas dans leur intérêt, car on leur fait ensuite le procès d’être là où elles sont uniquement grâce aux quotas.

Est-ce votre cas ?

Non. Je reconnais bien volontiers que j’ai bénéficié d’un contexte. Pendant des années, la représentation des Français issus de l’immigration avait été totalement sous-proportionnée par rapport à leur nombre. De plus, je suis arrivée en politique au début des années 2000, au moment où l’on commençait à appliquer les lois sur la parité. Mais s’il ne s’était agi que d’un effet d’aubaine, les bulles se seraient vite dégonflées. Ce que les Français attendent d’un responsable politique, ce n’est pas simplement d’incarner un symbole, c’est de mener des actions concrètes en cohérence avec le symbole porté.

Issue d’un milieu modeste, vous avouez que lorsque vous êtes entrée en politique, vous n’aviez pas les “codes”. A quels codes faites-vous référence ?

Il y a là quelque chose de très “genré”. Le pouvoir a été pendant très longtemps une affaire d’hommes exclusivement. La politique obéit à des codes masculins. Par exemple, le fait de prendre systématiquement la parole lors d’une réunion révèle une forme d’assurance… Les femmes sont des “nouvelles entrantes” en politique, comme les personnes issues de l’immigration par exemple, ou les jeunes. Ces nouveaux “entrants” ont une forme d’humilité, d’écoute, d’empathie. Lorsque la parité en politique, à laquelle nous travaillons, sera effective, ces codes vont se mélanger. Il ne s’agira plus d’une question de genre. Concernant mon parcours personnel, j’étais non seulement femme, et jeune, mais aussi fille de parents étrangers qui n’avaient jamais voté. La politique ne faisait pas partie de mon quotidien. Rien ne me paraissait évident, ne serait-ce que le simple fait d’aller voter !

Que pensez-vous des statistiques genrées ?

J’y suis très favorable. Pour instaurer l’égalité entre les femmes et les hommes, nous avons besoin de partir d’un état des lieux précis. Dans tous les domaines, n’avoir que des statistiques mélangeant les hommes et les femmes comme s’ils étaient confrontés aux mêmes enjeux ou aux mêmes difficultés nous a empêché d’y voir clair sur les inégalités que vivent les femmes. Je relance actuellement une enquête qui n’avait pas été menée depuis douze ans sur la question des violences faites aux femmes. Si l’on ne dispose pas des bons outils d’analyse, on ne peut pas se doter des bons outils de réponse.

Lire aussi : Ces instances françaises d’où les femmes sont exclues

En octobre 2012 vous avez annoncé un plan interministériel de lutte contre l’homophobie et la transphobie. A quel stade ce situe actuellement ce projet, a-t-il été mis en veille ?

Au contraire, depuis le mois d’octobre nous avons réalisé un vrai travail de profondeur. Ce plan interministériel porte en particulier sur le problème des violences homophobes. Le premier constat est que les victimes n’osent pas porter plainte. En France, il n’y a qu’une seule ligne d’écoute, SOS Homophobie, qui ne fonctionnait jusqu’à présent que quelques jours par semaine, car elle n’était pas soutenue par les pouvoirs publics. Nous avons décidé d’allouer plusieurs dizaines de milliers d’euros afin de permettre l’embauche de personnel et d’offrir une écoute sept jours sur sept.

Deuxième constat : pour les victimes d’homophobie, il est difficile de parler. Nous avons donc rédigé une trame d’audition à laquelle les officiers de police devront se conformer lorsqu’ils accueilleront des victimes de violence physique pour un dépôt de plainte. Il s’agit de déceler si l’acte a été accompagné d’insultes homophobes, et d’amener les victimes à en parler.

Par ailleurs, nous avons développé au sein du ministère de l’intérieur et du ministère de la justice des outils de statistiques beaucoup plus précis, valables pour les violences faites aux femmes comme pour les violences homophobes. Les premières statistiques seront publiées en début de l’année 2014.

En décembre 2011, une proposition de loi présentée par Michèle Delaunay visait à faciliter le changement d’état civil pour les personnes transgenres. Qu’en est-il actuellement ?

Nous avons saisi la CNCDH [Commission nationale consultative des droits de l’homme] concernant la question du parcours de transition des personnes transgenres. Un texte est en cours d’élaboration. Il précise les éléments à modifier, comme par exemple le poids trop important du corps médical, et la nécessité de passer par une intervention chirurgicale pour un changement d’état civil.

S’agissant de la facilitation du parcours de transition et du changement d’état civil, il s’agit de cas très spécifiques, comportant de grandes souffrances humaines. Nous sommes là pour répondre à ces cas et non bouleverser un modèle de société. Je pense qu’il faut en parler en termes d’accompagnement et de protection de ces personnes dans la transition. Il ne faut pas non plus négliger certains aspects tels que le droit du travail, l’accès à la santé et au logement.

Propos recueillis par Camille Bordenet, Sabrina Bouarour, Emeline Bruyas, Elsa Guippe et Matteo Maillard (Monde Académie)

From: http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/03/si-on-accepte-l-inegalite-salariale-alors-on-accepte-les-inegalites-dans-tout-le-reste-de-la-societe_3441009_3224.html#xtor=AL-32280515

 

Girls’ school performance in Morocco: why do girls get better grades than boys?

Pourquoi les filles obtiennent de meilleures notes que les garçons

Du primaire au bac, les filles dament le pion aux garçons en termes de résultats et de réussite scolaires. Mais rien n’indique qu’elles sont plus intelligentes. Plusieurs raisons à cela : elles sont plus studieuses, plus disciplinées et se concentrent plus en classe. C’est un besoin d’affirmation des filles dans une société qui privilégie encore les garçons.

les filles obtiennent de meilleures notes que les garçons

C’est la période des examens, principalement ceux du bac qui viennent de se dérouler les 11, 12 et 13 juin. Le taux de réussite des filles dépassera-t-il celui des garçons comme ce fut le cas l’année dernière ? Nous le saurons le 26 juin, date de l’annonce des résultats, mais il faut dire que l’émulation est à son paroxysme entre les élèves, avec cette tendance au Maroc, et dans le monde : les filles dament le pion aux garçons en termes de résultats et de réussite scolaires. En tout cas, les spécialistes de l’éducation et de la formation en conviennent : souvent, ce sont les filles qui raflent les meilleures notes.

Côté taux de scolarisation d’abord, le nombre des filles est en augmentation constente ces dix dernières années, et la parité entre les deux sexes sur ce plan-là, voire leur supériorité numérique dans certaines régions du pays, est l’un des grands acquis actuels. «S’il y a déperdition scolaire dans les villes, au niveau du secondaire, elle frappe plus les garçons que les filles», affirme Abdellatif El Youssouf, ancien directeur de l’Académie régionale d’éducation et de formation de Kénitra.
En effet, sur les sept millions d’élèves qui ont pris le chemin de l’école (publique et privée) à la rentrée 2012-2013, le pourcentage des filles est quasiment identique à celui des garçons ; dans les collèges et les lycées, elles étaient même plus nombreuses. S’il y a déperdition scolaire qui touche les filles plus que les garçons, c’est à l’école primaire qu’elle a lieu, pour des raisons sociales, culturelles et économiques.

Un autre chiffre, qui reflète cette fois-ci la supériorité qualitative des filles par rapport aux garçons, et c’est l’une des grandes conclusions que les analystes ont tirées des résultats du bac de l’année dernière : le nombre des filles ayant décroché ce diplôme était supérieur, avec 51,25%, à celui des garçons, alors qu’elles étaient moins nombreuses à s’y présenter (sur 451 953 candidats, 210 991 étaient des filles). Donc, non seulement la scolarisation des filles gagne des points, mais ces dernières sont en train de réussir avec brio leur scolarité, souvent mieux que les garçons. Toujours au niveau du Bac, sur les 10 premières notes en 2010, sept étaient enregistrées par des filles et toutes dépassaient 18,60 sur 20. L’année d’avant, en 2009, c’était aussi une fille, Houda Abrarou de Rabat, qui a eu la meilleure moyenne en section sciences physiques avec 18,67 sur 20.

Au niveau supérieur, même constat : les étudiantes sont aussi en train de battre les garçons. Ce professeur d’anglais à l’ENCG de Settat confirme : «ça fait 15 ans que je donne des cours dans des écoles supérieures, privées et publiques, et croyez-moi, les meilleures notes étaient, en majorité, raflées par des filles. Cette année encore, tant en contrôle continu qu’en examen final, c’est une fille qui l’a remporté avec 18,5 sur 20 dans cette matière. Une fois j’ai parlé de ce constat à des collègues enseignant d’autres disciplines, ils m’ont dit que c’était la même chose dans leurs classes».

Les filles seraient-elles plus ambitieuses et plus motivées que les garçons ? En tout cas, répond le même professeur, «j’ai constaté, selon mon expérience, que les filles se concentrent en cours plus que les garçons, elles sont plus appliquées et plus studieuses».

Les filles seraient-elles alors plus bosseuses ? Oui, mais rien n’indique qu’elles sont plus intelligentes. «C’est le travail et la persévérance qui payent, un fainéant intelligent n’ira pas loin», explique ce professeur de mathématiques au lycée Moulay Abdallah de Casablanca. Et d’ajouter qu’une fille bosseuse avec 95 de QI est bien partie pour avoir de meilleures notes qu’un garçon glandeur avec un QI de 140. «Si lors d’un test de maths, le garçon n’a pas appris ses définitions et n’a pas fait d’exercices, il se plantera magistralement, tout intelligent qu’il soit, alors que la fille bosseuse, qui s’est bien entraînée avant l’examen, aura au moins la moyenne, toute moins intelligente que ce garçon», commente ce même professeur.

Les garçons sont aussi intelligents mais se dépensent moins à l’école que les filles

Question d’intelligence, aucune étude ne prouve une quelconque supériorité d’un sexe sur l’autre. «Une chose est sûre, nuance Mohamed Aderdour, directeur de l’Académie d’éducation et de formation (AREF) de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (où plus d’un demi-million d’élèves sont inscrits, du primaire au Bac), la supériorité scolaire des filles est visible, leur taux de réussite enregistre une augmentation significative, en effet, mais de là à dire qu’elles raflent partout, et dans toutes les matières, les meilleures notes, ça reste à prouver, et seule une étude scientifique nationale pourra le démontrer. Tout ce que je peux vous affirmer, c’est que les garçons sont plus portés sur les jeux que les filles, consacrent moins de temps aux études et sont moins disciplinés». En effet, seul ce genre d’étude scientifique, qui fait défaut au Maroc, et que le ministère de l’éducation nationale se devrait de mener un jour, nous permettra d’affiner notre constat de la supériorité scolaire (ou l’infériorité) des filles par rapport aux garçons.

Ces derniers, selon les spécialistes de l’éducation et de la formation, font preuve d’une vive intelligence et d’un QI meilleur, sauf qu’ils se concentrent moins, travaillent moins en classe. En somme, ils sont paresseux et ne se donnent pas à fond aux études, moins que les filles en tout cas.

Ce père de deux enfants, une fille et un garçon, qui poursuivent maintenant tous les deux des études supérieures, a vécu une expérience originale, mais «difficile», se rappelle-t-il. Autant sa fille était appliquée, bien organisée, se donnait corps et âme à ses études, depuis la maternelle jusqu’au bac, autant son garçon était désordonné, porté sur les jeux électroniques, partisan du moindre effort. «Je ne dirai pas qu’il était moins intelligent qu’elle, au contraire, mais on avait, sa mère et moi, les plus grandes difficultés du monde pour l’aiguillonner et éveiller en lui l’amour de l’école. Sa sœur n’avait pas besoin de notre aide pour faire ses devoirs, elle se débrouillait toute seule ; lui, on se démenait pour retenir son attention et le pousser à travailler mieux. Au final, heureusement, tous les deux ont réussi leur Bac, avec mention», poursuit, notre interlocuteur.

Les filles seraient plus attentives en classe, plus concentrées, plus disciplinées, et, résultat normal de ce comportement, elles obtiennent de meilleures notes, au Maroc, et dans beaucoup d’autres pays. Une récente étude d’universitaires américains a souscrit à cette thèse de la supériorité scolaire des filles, et la première raison à cela, avancent les chercheurs, est que les filles «acquièrent bien plus tôt que les garçons des compétences non cognitives comme l’attention, la persévérance, la volonté d’apprendre, la capacité à rester assis ou à travailler en autonomie».
Sauf que les psychologues, qui ont l’habitude de sillonner les écoles, ne partagent pas toujours cette thèse de supériorité scolaire des filles sur les garçons. La concentration en classe pour eux n’est pas une affaire de sexe, mais plutôt d’éducation et d’harmonie au sein du couple où l’enfant baigne.

Le niveau scolaire est aussi tributaire de l’éducation et de l’atmosphère familiale

Le niveau scolaire, pour Ibtissam Benjelloun, psychologue clinicienne à Casablanca, est déterminé par le vécu familial de l’enfant, qu’il soit fille ou garçon : l’enfant réagit à un conflit familial, à une dispute entre les parents ou à un divorce, «par un manque de concentration entraînant de mauvaises notes, car il est agressé intérieurement. Beaucoup d’élèves dans les écoles où j’interviens passent subitement d’une phase normale, où ils travaillent bien en classe, à une phase d’échec scolaire. Nous nous rendons compte que c’est une réaction à des conflits familiaux. Dans les écoles privées où j’interviens, que les élèves soient d’un milieu social élevé ou pauvre, je ne remarque pas de différence flagrante de niveau dans les résultats scolaires entre les filles et les garçons, ni de capacité de concentration différente d’un sexe à l’autre».

L’éducation est donc fondamentale. Des enseignants remarquent que des élèves ne manquent pas d’intelligence, mais ils récoltent de piètres notes. C’est plutôt l’échec de l’éducation à résoudre les conflits psychologiques qui fait que l’enfant soit brillant ou cancre. C’est valable à l’école comme dans l’exercice de toute profession.

Une autre raison est avancée à cette supériorité scolaire : les filles marocaines seraient plus motivées, et tablent beaucoup sur l’école pour défier la société machiste où elles vivent. Elles remarquent dès leur tendre enfance un traitement de faveur à l’égard du frère, «trop gâté», accuse cet inspecteur de l’enseignement secondaire. D’où un défi que se lance la fille de réussir mieux sa scolarité, une porte vers la liberté et l’émancipation. «C’est plutôt l’espoir dans l’avenir qui est à l’origine de cette perfection dans les études, un défi et un besoin d’affirmation lancé par les filles à la face d’une société qui privilégie encore le garçon», souligne Tijania Fertat, ancienne directrice de l’AREF de Rabat-salé.

La même situation prévaut aux Etats-Unis et en

Le phénomène est mondial. Aux Etats-Unis, par exemple, selon une récente étude menée par des chercheurs américains des universités de Géorgie et de Columbia auprès de 5 800 enfants, de la maternelle au CM2, il s’est avéré que les filles ont en moyenne de meilleures notes que les garçons. Dans la plupart des tests standards effectués par les chercheurs, et publiés par le «Journal of Human Ressources», les garçons réussissent aussi bien que les filles, mais ce sont ces dernières qui obtiennent les meilleures notes. La première raison à cela, avance l’étude, est que les filles «acquièrent bien plus tôt que les garçons des compétences non cognitives comme l’attention, la persévérance, la volonté d’apprendre, la capacité à rester assis ou à travailler en autonomie». Ça n’est donc pas une question d’intelligence, mais de discipline et de persévérance : «Les enseignants notent moins bien les garçons, à cause de leur indiscipline et de leur manque de concentration».
Côté français, Olivier Rollot, rédacteur en chef du «Monde Etudiant», remarque, preuves à l’appui, que les filles sont très largement supérieures aux garçons, du CP au Bac.

Ainsi, à 14 ans, 69% des filles scolarisées sont en classe de troisième, contre 60% des garçons du même âge ; à 17 ans, 38% des filles scolarisées sont en classe de terminale générale et technologique contre 26% des garçons du même âge. Côté Bac : 69% des filles obtiennent ce diplôme contre 58% des garçons. Face à l’échec scolaire, selon le même auteur, filles et garçons ne sont pas non plus égaux. La Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD, remplacée actuellement par la Journée défense et citoyenneté), que passent chaque année plus de 700 000 jeunes, révèle que le pourcentage de garçons en «grande difficulté» en lecture est de 15% contre seulement 8,7% pour les filles !
«On sait également qu’elles redoublent moins que les garçons dans le primaire. A la fin du secondaire, 85% des filles et 80% des garçons obtiennent un diplôme. Un différentiel de cinq points qu’on retrouve d’ailleurs dans toute l’Union européenne avec une moyenne de 81% de filles diplômées pour 76% des garçons», remarque M. Rollot.

Par ailleurs, un rapport de l’OCDE sur la parité filles-garçons, publié en 2011, rappelle, lui, que les différences entre filles et garçons en matière d’aptitudes cognitives sont analogues dans tous les pays. En moyenne, à l’âge de 15 ans, les garçons ont de meilleurs résultats en mathématiques, alors que les filles sont meilleures en compréhension de l’écrit : lors d’examens effectués en 4e année (c’est-à-dire en primaire), les filles sont déjà meilleures que les garçons en lecture, sans que des écarts significatifs apparaissent en sciences et en calcul.

Jaouad Mdidech. La Vie éco

From: http://www.lavieeco.com/news/societe/pourquoi-les-filles-obtiennent-de-meilleures-notes-que-les-garcons-25782.html

Maroc: Egalité économique entre hommes et femmes ?

Egalité économique entre hommes et femmes ?

Sur plus d’une décennie, le Maroc a connu au sujet de l’égalité économique entre hommes et femmes, deux trajectoires opposées. Sur la forme, il a accumulé les lois et les engagements. Ainsi, en janvier 2001, la circulaire du premier ministre incite à promouvoir l’accès des femmes aux fonctions de haut niveau de la fonction publique. En 2004, le code du travail consacre plusieurs articles à la lutte contre les discriminations sexistes dans l’accès à l’emploi et au sein de l’entreprise. En 2011, la Constitution consacre les principes universels d’égalité, et spécifie l’égalité des citoyens et citoyennes sur le marché du travail. Parallèlement, l’Etat marocain a multiplié les engagements faisant foi de sa détermination contre toutes formes de discrimination, notamment par la ratification de la CEDAW et la levée des réserves en 2011, et en vue de promouvoir l’autonomisation des femmes dans le cadre des OMD.

 

Paradoxalement, cela n’a eu aucune incidence sur le fond. Ainsi, le degré d’intégration économique des femmes, et partant de là, leur propension à l’autonomie, l’émancipation et la négociation de leurs droits, est en chute libre, pour ne pas dire qu’elle s’est nettement détériorée. Un chiffre en atteste. Il a trait au taux de participation des femmes au marché du travail, qui a dégringolé de 30% en 1999 à 25% en 2012, et ce en dépit de deux facteurs qui auraient pu laisser croire à une tendance inverse : l’amélioration de la scolarisation des filles et la baisse notoire de la fécondité.

 

Cela prouve, de toute évidence, que le temps juridique et le temps sociologique sont loin d’être synchronisés, mais montre surtout l’inefficience des politiques sociales et économiques menées sur le terrain. Cela est d’autant plus patent que ces performances situent le Maroc, selon l’indice d’écart de genre du Forum Economique mondial (FEM) de 2012, au 128ème rang sur 135 pays sur le plan de la participation économique des femmes et le relègue à la 12ème  place sur les 15 pays de la région MENA couverts, devançant à peine l’Arabie Saoudite, la Syrie et le Yémen. A titre comparatif, notons que la moyenne mondiale de l’activité féminine est de 51%, et que dans l’Afrique subsaharienne les taux de participation des femmes dépassent les 60%.

 

 

Ce décalage au Maroc entre le cadre législatif et la réalité concrète de tous les jours nous oblige à regarder de plus près les barrières d’accès des femmes au travail, à l’équité salariale, à l’entrepreneuriat et aux postes de responsabilité, tout comme elle nous incite à interroger les raisons multiples et différenciées qui maintiennent la discrimination, la domination masculine, la hiérarchisation des secteurs d’activité et la précarisation des femmes à faible revenu.

 

Pour cela, nous favoriserons une démarche pluridisciplinaire, partant des dernières données statistiques officielles disponibles, puis chercherons à les nuancer et les étayer à partir de précisions sociologiques tirées du terrain, ainsi que de constats politiques et de témoignages d’acteurs et d’observateurs avertis. Une fois le diagnostic établi, nous en déduirons quelques orientations et recommandations clés qui abordent le problème dans sa globalité et interpellent les différents maillons de la chaîne (l’Etat, l’administration, les partis, le privé, la société civile et les structures de veille).

 

Les manifestations du recul  de l’egalite économique

Si le taux de participation économique des femmes qui est de 25% est déjà assez alarmant, il est nécessaire de le décomposer, selon plusieurs critères sociodémographiques, pour mieux éclairer les zones d’ombre qu’il masque à peine.

 

Le rural, une logique à part

Alors qu’elles représentent, officiellement, à peine 18% de la population féminine en âge d’activité dans le milieu urbain (l’un des pourcentages les plus bas dans le monde), les femmes participent économiquement à hauteur de 36% dans le rural. Il est d’ailleurs important de noter que six femmes sur dix recensées en activité au niveau national sont dans le secteur agricole. Or, seules 10,6% de ces femmes sont exploitantes agricoles, donc susceptibles d’avoir une certaine autonomie. Si le but est d’appréhender à quel point l’accès à l’emploi est émancipateur et non aliénant, pour les femmes au Maroc, il est clair que des chiffres aussi globaux peuvent être trompeurs. Regardons de plus près ce que ces taux clivés referment comme logiques distinctes.

 

Dans le rural, 74% (presque les trois quarts) ont accès au marché de travail à moins de 15 ans. Elles ont travaillé à un âge précoce qui les a privées de leur scolarité. Trois quarts des femmes actives en milieu rural sont d’ailleurs analphabètes. Ce type d’activité  «forcée», car très fortement concentrée dans les activités agricoles (94%), est effectué dans 87% des cas sans aucun contrat et pour trois femmes sur quatre sans aucune rémunération. L’activité des femmes dans ce contexte ne peut pas traduire une forme d’émancipation.  C’est au contraire un facteur qui participe à les maintenir dans une situation de vulnérabilité et de faiblesse vis-à-vis de leurs parents et puis dans leurs rapports avec leurs époux.

 

 

Contrairement au milieu rural, où les femmes sont appelées très tôt à travailler, où l’enjeu majeur est le développement de la scolarisation des filles et la lutte contre la précarité, en ville, seules 5% des femmes ont des emplois non rémunérés. Par ailleurs, 63% des femmes urbaines ne commencent à exercer une activité professionnelle qu’après l’âge de 20ans. En gros, statistiquement, les femmes employées en ville sont essentiellement alphabétisées. Elles occupent des emplois rémunérés, principalement dans les activités de services et plutôt dans le secteur privé. Concentrons-nous, donc, sur cette réalité urbaine plus complexe que les chiffres officiels pris au niveau national peinent à décrire de manière fiable.

 

Lire la suite sur : http://www.economia.ma/fr/numero-15/pp/egalite-economique-entre-hommes-et-femmes

 

For married mothers, breadsharing is much more common than breadwinning

For married mothers, breadsharing is much more common than breadwinning

The other day when the Pew report on mothers who are breadwinners came out, I complained about calling wives “breadwinners” if they earn $1 more than their husbands:

A wife who earns $1 more than her husband for one year is not the “breadwinner” of the family. That’s not what made “traditional” men the breadwinners of their families — that image is of a long-term pattern in which the husband/father earns all or almost all of the money, which implies a more entrenched economic domination.

To elaborate a little, there are two issues here. One is empirical: today’s female breadwinners are much less economically dominant than the classical male breadwinner – and even than the contemporary male breadwinner, as I will show. And second, conceptually breadwinner not a majority-share concept determined by a fixed percentage of income, but an ideologically specific construction of family provision.

Let’s go back to the Pew data setup: heterogamously married couples with children under age 18 in the year 2011 (from Census data provided by IPUMS). In 23% of those couples the wife’s personal income is greater than her husband’s — that’s the big news, since it’s an increase from 4% half a century ago. This, to the Pew authors and media everywhere, makes her the “primary breadwinner,” or, in shortened form (as in their title), “breadwinner moms.” (That’s completely reasonable with single mothers, by the way; I’m just working on the married-couple side of the issue — just a short chasm away.)

The 50%+1 standard conceals that these male “breadwinners” are winning a greater share of the bread than are their female counterparts. Specifically, the average father-earning-more-than-his-wife earns 81% of the couple’s income; the average mother-earning-more-than-her-husband earns 69% of the couple’s income. Here is the distribution in more detail:

breadwinner-distributions

This shows that by far the most common situation for a female “breadwinner” is to be earning between 50% and 60% of the couple’s income — the case for 38% of such women. For the father “breadwinners,” though, the most common situation — for 28% of them — is to be earning all of the income, a situation that is three-times more common than the reverse.

Collapsing data into categories is essential for understanding the world. But putting these two groups into the same category and speaking as if they are equal is misleading.

This is especially problematic, I think, because of the historical connotation of the term breadwinner. The term dates back to 1821, says the Oxford English Dictionary. That’s from the heyday of America’s separate spheres ideology, which elevated to reverential status the woman-home/man-work ideal. Breadwinners in that Industrial Revolution era were not defined by earning 1% more than their wives. They earned all of the money, ideally (meaning, if their earnings were sufficient), but just as importantly they were the only one permanently working for pay outside the home. (JSTOR has references going back to the 1860s which confirm this usage.)

Modifying “breadwinner” with “primary” is better than not, but that subtlety has been completely lost in the media coverage. Consider these headlines from a Google news search just now:

Further down there are some references to “primary breadwinners,” but that’s rare.

Maybe we should call those 100%ers breadwinners, and call the ones closer to 50% breadsharers.

Philip N. Cohen

Welcome to FamilyInequality.com. I’m a sociologist at the University of Maryland, College Park.

From: http://familyinequality.wordpress.com/2013/06/03/breadsharer-breadwinner/