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EQUAL PAY DAY in France : the Ministry of Women’s Rights Launches an Application to Help Women Win the Battle for Equality

Salaires hommes-femmes : le compte n’y est pas

A l’occasion de l’Equal Pay Day, le ministère des Droits des femmes lance ce matin une application pour aider les Françaises à gagner la bataille de l’égalité salariale.

Florence Deguen | Publié le 07.04.2014

C'est aujourd'hui le jour de l'éagalité salarial homme-femme, l'Equal Pay Day. En France, l'écart est de l'ordre de 20% au profit des hommes

C’est aujourd’hui le jour de l’éagalité salarial homme-femme, l’Equal Pay Day. En France, l’écart est de l’ordre de 20% au profit des hommes

C’est l’une des rares dates symboliques du calendrier qui est censée remonter le temps chaque année… Mais qui stagne au début du . Autant dire qu’en ce 7 avril, les Françaises ne vont pas déboucher le champagne pour célébrer leur Equal Pay Day : il s’agit du jour symbolique où elles ont enfin engrangé le salaire que les hommes ont gagné au 31 décembre dernier.

Quatre mois de différence, 68 jours travaillés supplémentaires, en moyenne, pour parvenir à gagner autant. Désespérant ? Peut-être pas. D’abord parce que l’Equal Pay Day international, lui, aura lieu dans près de trois semaines : le 25 avril. Ensuite parce que les indicateurs de l’égalité professionnelle en semblent clignoter en faveur d’un léger mieux. « L’an prochain, la date aura basculé en mars », veut croire Christiane Robichon, la présidente de l’association Business and Professional Women qui organise cette journée en depuis 2009.

Les chiffres publiés ce matin par le ministère du Travail, que nous avons pu obtenir en exclusivité et qui serviront à fixer l’Equal Pay Day de l’an prochain, semblent lui donner raison : on est enfin passé sous la barre des 20 % d’écart de salaire… Même s’il reste des domaines, comme l’assurance ou la banque notamment, où il vaut encore clairement mieux être un homme (voir infographie). Mais comment tirer ce jour symbolique vers février, janvier et pourquoi pas même au 31 décembre ? Pour Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes qui a beaucoup secoué les entreprises ces deux dernières années (y compris en les tapant aux porte-monnaie), il est désormais temps de s’attaquer à une racine méconnue de l’inégalité professionnelle : les barrières que les femmes érigent… elles-mêmes. Ces « je n’ose pas demander une augmentation », « je ne sais pas m’imposer », « la compétition, ce n’est pas pour moi » qui expliqueraient jusqu’à 4 points de différence dans les salaires. A problématique aussi profonde, réponse carrément originale : la ministre lance aujourd’hui la première application pour mobiles et smartphones afin de coacher les femmes au travail. Une sorte de « serious game » (jeu qui permet de se former en s’amusant) que nous avons découvert en avant-première.

Cela n’empêchera sans doute jamais les salariées de voir filer sous leur nez des promotions pendant leur congé de maternité, mais gâce aux quiz sous la forme de vrai-faux et des conseils prodigués en vidéo, elles oseront peut-être taper du poing sur la table à leur retour. A ce jour, beaucoup ont renoncé. « Pensez-vous que la famille est plus importante que la vie professionnelle pour une femme ? » a demandé l’Insee aux Français. Les hommes sont 66 % à répondre oui. Chez les femmes, c’est quasiment le raz-de-marée : elles sont 78 % à acquiescer.

From: http://www.leparisien.fr/selection-editeurs/salaires-hommes-femmes-le-compte-n-y-est-pas-07-04-2014-3747601.php

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Journée de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes: Najat Vallaud-Belkacem lance une application

D’après les chiffres publiés par le ministère des Droits des femmes, les femmes doivent travailler 77 jours de plus que les hommes pour toucher le même salaire annuel.

Publié le 7 avril 2014

La Fédération Française BPW organise ce lundi la journée de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. Une initiative lancée il y a 5 ans pour sensibiliser les Français aux écarts salariaux toujours importants comme l’explique Christiane Robichon, présidente en France de BPW, dans l’Express. “On estime qu’en moyenne, les femmes gagnent 28% de moins que les hommes, selon une étude de l’Insee publiée en mars 2013. Nous avons donc choisi la date du lundi 7 avril pour organiser la journée de l’égalité salariale, car les femmes ont dû travailler 77 jours de plus que les hommes pour toucher le même salaire annuel. Le chiffre de 28% concerne les salariés du privé, à compétences égales” analyse-t-elle.

Mais selon elle, le cas de la France n’est pas un cas particulier. “Globalement, la situation est la même partout. Aux Etats-Unis, l’écart est de 23%. Dans les pays européens où notre association est présente, comme l’Allemagne, la Suisse, l’Italie ou le Royaume-Uni, la fourchette est à peu près la même aussi: les journées “Equal pay day” s’échelonnent entre le 15 mars et le 15 avril” constate la présidente de l’association.

Une association soutenue par le gouvernement et Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes. En effet, la ministre a annoncé dans “Le Parisien” le lancement d’une application pour mobiles et smartphones afin de “coacher” les femmes au travail, notamment dans la bataille pour l’égalité salariale. Appelée “Leadership Pour Elles”, cette application doit notamment permettre aux femmes de lutter contre “un paramètre qui n’est pas vraiment mesurable : une différence de confiance en soi qui se traduit par des attitudes différenciées au travail”. “C’est sur la confiance qu’il faut agir, en donnant à toutes les femmes des outils qui étaient jusqu’à présent l’apanage des cadres supérieurs appartenant à des réseaux de grandes écoles”, insiste NVB.

Najat Vallaud-Belkacem explique que le but est de “provoquer une prise de conscience”. “Sitôt téléchargée, l’application propose un quiz d’autodiagnostic” sur le niveau de confiance en soi de l’utilisatrice. “En fonction des réponses, l’appli vous ouvre des conseils (pour avoir par exemple des des pensées plus positive sur soi-même ou ouvrir… un compte Twitter” indique le journal. “Se comparer aux hommes, prendre conscience de sa valeur, c’est essentiel” conclut la ministre.

From:  http://www.atlantico.fr/pepites/journee-egalite-salariale-entre-femmes-et-hommes-najat-vallaud-belkacem-lance-application-1034848.html#FoLPoJ4tyW0QQ4Go.99

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Journée de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes: Najat Vallaud-Belkacem lance une application

D’après les chiffres publiés par le ministère des Droits des femmes, les femmes doivent travailler 77 jours de plus que les hommes pour toucher le même salaire annuel.

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Syrian refugees in Lebanon face harsh working conditions

An ILO assessment of Syrian refugee employment in Lebanon finds that low wages, high unemployment and lack of labour market regulation pose serious challenges to livelihoods for both residents and refugees in host communities.

Female Syrian refugees are particularly vulnerable to unemployment, informal employment is expanding and action is needed regarding minimum wages, social protection and regulation of informal employment

BEIRUT (ILO News) – Almost a third of Syrian refugees in Lebanon’s labour market are unemployed, said the International Labour Organization in a study entitled “Assessment of the Impact of Syrian Refugees in Lebanon and their Employment Profile”.

The report says that most Syrian refugees working in Lebanon also suffer from low wages and harsh working conditions. It also points to refugees’ lack of skills and education.

“Both Syrian refugees and Lebanese residents are suffering from the effects of an unregulated labour market,” says Mary Kawar, Senior Employment Specialist at the ILO Regional Office for the Arab States (ROAS). “The large supply of low-wage Syrian workers causes further deregulation and expands informal employment resulting in downward pressures on wages and the deterioration of working conditions. In turn, this negatively affects Lebanese host communities and refugees who are both increasingly unable to live in dignity or maintain sufficient access to livelihoods.”

The ILO assessment found that Syrian workers in Lebanon earned substantially less than their Lebanese counterparts. The report consisted of face-to-face interviews as well as semi-structured questionnaires with some 2,000 individuals. Average monthly income for a Syrian refugee in Lebanon is almost 40 per cent less than the minimum wage of 675,000 Lebanese Pounds (US$448).

The focus should be on creating decent work opportunities through actions that regulate informal labour.”

F. Hagemann, ILO ROAS

Female Syrian refugees were particularly vulnerable to unemployment. Over two thirds of women looking for work in Lebanon were unable to find a job. Only two out of 10 working refugees were female, earning about 40 per cent less on average than their male counterparts.

Informal work dominates Syrian refugee employment with nine out of 10 Syrian refugees in Lebanon employed without a formal contract. One out of two refugee workers in Lebanon also reported suffering from back and joint pain or severe fatigue as well as extreme cold or heat. Almost two-thirds of Syrian refugees reported exposure to dust and fumes in the workplace.

“This report reveals that the response to the Syrian refugee crisis in Lebanon needs to take on a holistic and comprehensive approach which addresses Lebanon’s pre-existing labour market challenges and balances the humanitarian support with the developmental needs of Lebanon’s host communities,” says Frank Hagemann, Deputy Regional Director of the ILO ROAS. “The focus should be on creating decent work opportunities through actions that regulate informal labour, protect minimum wages, promote safety at work, provide social protection and encourage sustainable enterprise development.”

Key figures from the report:

  • 30 per cent: Unemployment rate of Syrian refugees active in Lebanon’s labour market.
  • 68 per cent: Unemployment rate among Syrian refugee women active in Lebanon’s labour market.
  • 88 per cent: Syrian refugees in Lebanon employed in either unskilled or semi-skilled jobs.
  • 418,000 LBP (US$277): Average monthly income for a Syrian refugee worker, as opposed to Lebanon’s minimum wage of 675,000 LBP (US$448).
  • 432,000 LBP (US$287): Average monthly income for a male Syrian refugee worker.
  • 248,000 LBP (US$165): Average monthly income for a female Syrian refugee worker.
  • 92 per cent: Syrian refugees in Lebanon working without a formal contract.
  • 56 per cent: Syrian refugee workers in Lebanon employed on a seasonal, weekly or daily basis.
  • 74 days: The average time a Syrian refugee worker requires to find employment.

From: http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_240126/lang–en/index.htm

Le travail des femmes n’est toujours pas légitime en France / Women’s work not always legitimate in France

Depuis la loi qui leur a permis de travailler sans le consentement de leur mari, elles continuent de se heurter à des obstacles qui empêchent toute reconnaissance de leur travail.

 (Ale Ventura/AltoPress/MaxPPP) (Ale Ventura/AltoPress/MaxPPP)

Moins visible, moins reconnu et moins valorisé que celui des hommes, le travail des femmes n’a toujours pas acquis sa pleine légitimité en France près de 50 ans après l’octroi aux femmes du droit à exercer librement une activité, dit une étude du Conseil économique social et environnemental (CESE) publiée mardi 25 février.

Depuis la loi de 1965 qui leur a permis de travailler sans le consentement de leur mari, leur situation a certes évolué mais elles continuent de se heurter à des obstacles qui empêchent toute reconnaissance de leur travail, relève le CESE.

Si l’on s’en tient aux chiffres, la tendance relevée au cours des dernières décennies est positive: en 2011, 14,8 millions d’hommes et 13,5 millions de femmes sont recensés comme actifs, contre 13,2 millions d’hommes et 6,6 millions de femmes au début des années 1960.

Mais cette évolution ne doit pas pour autant masquer le chemin que les mentalités doivent encore parcourir en France pour que le travail des femmes soit reconnu à égalité avec celui des hommes, souligne le rapporteur de l’étude, Hélène Fauvel.

Plus de CDD

Dans une étude de l’Insee de 2011, une personne sur quatre pensait qu’en période de crise, les hommes devraient être prioritaires pour trouver un emploi, une proportion toutefois moins importante chez les 20-24 ans que chez les 75-79 ans.

L’accès à l’emploi reste plus difficile pour les jeunes femmes faiblement qualifiées que pour leurs homologues masculins et les femmes sont plus souvent recrutées en CDD.

“Le droit à l’autonomie économique des femmes grâce à leur travail n’est pas encore pleinement reconnu et la notion de salaire d’appoint reste encore très présente”, écrit Hélène Fauvel.

“Les écarts de salaire qui ne se réduisent plus depuis les années 1990 restent importants et concernent tous les secteurs et toutes les catégories socioprofessionnelles, contribuent à renforcer l’idée d’une moindre légitimité du travail des femmes”, ajoute-t-elle.

Selon les données 2009 de la DARES, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, la rémunération annuelle des femmes est en moyenne inférieure de 27 % à celle des hommes.

Difficile conciliation vie pro/vie perso

Concernant l’éloignement des femmes du marché du travail, le CESE distingue trois grandes catégories de raisons invoquées par les mères pour expliquer leur retrait du marché du travail.

En premier lieu figure la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, “une expression qui ne s’applique qu’exclusivement aux femmes dans l’esprit des employeurs comme aux yeux de l’opinion publique”, note le CESE.

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à s’arrêter de travailler pour prendre un congé parental, à réduire leur temps de travail ou à cesser toute activité lorsque la conciliation devient trop compliquée.

Or, selon une étude de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), 40% des mères qui ont arrêté de travailler après une naissance auraient préféré poursuivre leur activité.

Autres obstacles invoqués, les contraintes pratiques et financières liées aux modes de garde, soit indisponibles, soit trop chers, et les conditions de travail parmi lesquelles les horaires ont un poids déterminant.

Face à ces difficultés, “l’implication des employeurs reste encore timide, essentiellement sous forme d’aides financières et beaucoup moins en terme de souplesse horaire pourtant souhaitée”, constate le CESE.

Diversifier les modes d’accueil des enfants

La délégation aux droits des femmes et à l’égalité du CESE préconise donc de développer et de diversifier les modes d’accueil des enfants, “condition sine qua non pour permettre aux femmes de travailler en élevant leurs enfants.”

Elle appelle également les pouvoirs publics à encourager la gestion partagée des responsabilités familiales entre les deux parents, en incitant les pères à s’impliquer davantage.

La délégation prône la mise en place d’une préparation du retour à l’emploi des femmes en congé parental via une offre de formation et un accompagnement individualisé.

L’enjeu est de taille, souligne Hélène Fauvel. “Oeuvrer pour une meilleure insertion professionnelle des femmes, c’est tout à la fois conforter leur statut social et garantir leur autonomie financière et familiale”.

(Avec Reuters)

From: http://www.challenges.fr/economie/20140225.CHA0812/le-travail-des-femmes-n-est-toujours-pas-legitime-en-france.html

 

Les femmes au travail, c’est bon pour la croissance!

LE MONDE | 17.12.2012 à 11h34 • Mis à jour le 17.12.2012 à 12h09 | Par Annie Kahn

 La très sérieuse Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) révèle une nouvelle raison d’affirmer que “la femme est l’avenir de l’homme”.

Si davantage de personnes de la gent féminine entraient dans la vie active, c’est-à-dire exerçaient un travail rémunéré, la croissance économique mondiale bénéficierait d’un véritable “coup de fouet”, affirment les experts de l’OCDE dans un rapport intitulé “Inégalités hommes-femmes, il est temps d’agir”, publié lundi 17 décembre.

“Toute diminution de 50% de l’écart hommes-femmes en termes de taux d’activité devrait aboutir à une hausse du taux de croissance du produit intérieur brut par habitant de 0,3 point de pourcentage ; et de 0,6 point dans l’hypothèse d’une convergence totale d’ici à 2030, ont-ils calculé, en se basant sur les taux de croissance à long terme des économistes de l’Organisation. Ce qui équivaut à une progression totale de 12 % du PIB sur vingt ans.”

Les pays qui en bénéficieraient le plus, parce que partant de plus loin, sont l’Italie, dont le PIB progresserait de 22,5 % sur vingt ans, ainsi que la Corée du Sud, la Grèce, la Hongrie et le Japon. En France, le résultat serait plus modeste, avec une augmentation de 9,4 %.

PLUS DE TEMPS À TRAVAILLER

Mais, pour qu’il en soit ainsi, plusieurs conditions doivent être réunies. Le partage des tâches doit en particulier devenir plus équitable. Car si les femmes sont moins nombreuses que les hommes à exercer une activité rémunérée, elles passent globalement plus de temps à travailler – de façon rémunérée ou pas – que les hommes dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE.

L’Inde et le Portugal font partie des plus mauvais élèves. C’est dans ces pays que le temps de travail global est le plus inégal, en défaveur des femmes. La France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE. En revanche, les temps de travail sont globalement équilibrés en Allemagne et au Royaume-Uni. Dans ces deux pays, le surcroît de travail non rémunéré exercé par les femmes équivaut au surcroît de travail rémunéré exercé par les hommes.

Pour que davantage de femmes puissent entrer dans la vie “active”, il est donc nécessaire de permettre à tous, hommes et femmes, de mieux équilibrer vie personnelle et vie familiale. Les jeunes de la génération Y, pour qui ce serait le voeu le plus cher, ont donc encore du pain sur la planche.

PEU NOMBREUSES EN HAUT DE L’ÉCHELLE

Ouvrir davantage les portes du marché du travail aux femmes implique aussi de “modifier les stéréotypes sexués”, rappelle ce rapport. Car si les filles ont de meilleurs résultats scolaires en fin de secondaire dans de nombreux pays de l’OCDE, elles continuent d’être moins nombreuses à s’orienter vers des études scientifiques et techniques.

Elles sont également sous-représentées dans le secteur des entreprises et à l’inverse en grand nombre dans la santé, l’aide sociale, l’enseignement et l’administration. Parce qu’elles perçoivent ces métiers comme plus compatible avec leurs tâches familiales ; mais aussi par reproduction de schémas culturels.

 

Il n’est donc guère étonnant que les femmes soient aussi peu nombreuses en haut de l’échelle hiérarchique. “Les femmes occupent moins d’un tiers des postes de direction dans la zone OCDE”, précise le rapport. La France apparaît comme le pays le moins machiste à cet égard. Environ 37 % des postes de direction y sont détenues par des femmes. En revanche, le Luxembourg, pays de la finance reine, est le plus mal noté.

Les écarts de rémunérations restent aussi marqués, en particulier parmi les plus hauts revenus. Mais l’écart salarial entre hommes et femmes est plus resserré en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE.

MOINS NOMBREUSES À CRÉER LEUR ENTREPRISE

Les femmes sont aussi moins nombreuses que les hommes à créer leur entreprise. “Par crainte des conséquences juridiques et sociales d’un éventuel échec de leur entreprise”, rapportent les experts de l’OCDE.

 

Alors que “les nouvelles entreprises détenues par des femmes affichent de meilleurs scores en terme de créations d’emplois sur trois ans que celles détenues par des hommes en France, en Italie, en Nouvelle-Zélande et en Pologne, tandis qu’elles accusent un certain retard en Finlande, aux Pays-Bas, en République slovaque et en Suisse“, précise le rapport.

Il souligne également le rôle que pourraient jouer les financiers dans cette sous-représentation des femmes créatrices d’entreprises. “Les investisseurs en capital-risque sont principalement des hommes”, peut-on y lire. Le pays le plus vertueux à cet égard est l’Autriche, avec 30 % d’investisseurs féminins. La Corée du Sud n’en compterait aucune. Et la France se situe en haut du peloton, avec un peu plus de 20 % de femmes.

Annie Kahn

From: http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/17/les-femmes-au-travail-c-est-bon-pour-la-croissance_1807301_3234.html

Women’s Rights and Wage Inequalities : the priorities of the French Ministry for Women’s Rights

Vallaud-Belkacem : “Si on accepte l’inégalité salariale, on accepte toutes les inégalités”

Un an après la création du ministère des droits des femmes, la ministre et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, doit présenter mercredi 3 juillet son projet de loi sur l’égalité hommes-femmes. Cinq participants du Monde Académie l’ont rencontrée en mai, afin de dresser le bilan de son action.

Avec votre nomination au ministère des droits des femmes, ce ministère redevient de plein exercice pour la première fois depuis 1986. Mais d’abord, pourquoi le choix de ce nom, “droit des femmes”, et pas “égalité hommes-femmes” ?

Najat Vallaud-Belkacem : Aujourd’hui l’objectif est de faire l’égalité entre les hommes et les femmes. Cette volonté passe par le fait de rehausser les droits et les opportunités réelles des femmes, d’où la nécessité d’un ministère des “droits” – sous-entendu des opportunités – et des femmes. C’est un ministère difficile car vous devez consacrer autant de temps à convaincre les gens de l’importance et de la pertinence de votre sujet qu’à mener les réformes. Je passe énormément de temps à faire de l’inter-ministérialité. De plus, il est doté de peu de moyens : une administration de moins de 200 personnes et un budget d’une vingtaine de millions d’euros seulement.

Avez-vous envie de marquer la cause des droits des femmes, et de quelle manière ?

Bien sûr, j’espère que nous marquerons par notre passage l’histoire des droits des femmes, et le seul moyen d’y parvenir est de transformer l’égalité en droit, écrite dans les textes, en une égalité en fait. Les entreprises qui violent leurs obligations n’ont jamais été sanctionnées, donc, de fait, l’égalité n’existe pas. On m’accuse aujourd’hui d’être une “mère Fouettarde”, parce que les premières sanctions contre les entreprises de plus de 50 salariés n’appliquant pas le décret de loi sur l’égalité salariale sont tombées il y a quelques semaines.

Les entreprises sanctionnées doivent désormais payer tous les mois 5 000 euros. Elles se rendront compte qu’il est beaucoup moins coûteux de prévoir tous les ans des enveloppes de rattrapage, de ne pas laisser se creuser les écarts, que de payer des pénalités. La vraie question est celle-ci : pourquoi les lois sont-elles appliquées dans d’autres domaines où les entreprises se savent pénalisées ?

Pourquoi ce chantier de l’égalité salariale avant tout ?

Parce que c’est celui qui touche le plus de Français. Il n’est pas une seule femme, tout milieu et tout âge confondus, qui ne se sente pas concernée par cette inégalité. Si on accepte l’inégalité salariale, alors on accepte les inégalités dans tout le reste de la société : la domination, l’oppression et, à terme, les violences.

C’est ausssi le but de la campagne “Léa”, diffusée à la télévision…

Faire prendre conscience qu’il existe un écart de rémunération de 25 % entre hommes et femmes, et 35 % d’écart de retraites, à une heure de grande écoute et sur les plus grandes chaînes, est essentiel. L’écart de temps consacré aux tâches domestiques est également énorme : les hommes n’effectuent en moyenne que dix minutes de tâches ménagères supplémentaires de plus qu’il y a vingt-cinq ans !

Lire aussi : Masculin-féminin : cinq idées reçues sur les études de genre

Vous appartenez à un gouvernement paritaire. Faudrait-il étendre les quotas de femmes à davantage de domaines ?

Depuis que nous sommes aux responsabilités, un certain nombre d’instances ont été rendues paritaires. C’est le cas des autorités administratives, du Conseil national du numérique, de la Banque publique d’investissement et de son conseil d’administration, mais c’est aussi valable pour le Haut Conseil des finances publiques, ou le Comité des retraites. Tous ces organismes vont nous permettre d’agir au niveau des politiques que nous allons conduire. Nous entendons inscrire la parité au sein de ces autorités administratives dans la loi.

Cependant, il faut faire attention à ne pas donner l’impression d’être dans la contrainte permanente. Certaines femmes estiment que ça n’est pas dans leur intérêt, car on leur fait ensuite le procès d’être là où elles sont uniquement grâce aux quotas.

Est-ce votre cas ?

Non. Je reconnais bien volontiers que j’ai bénéficié d’un contexte. Pendant des années, la représentation des Français issus de l’immigration avait été totalement sous-proportionnée par rapport à leur nombre. De plus, je suis arrivée en politique au début des années 2000, au moment où l’on commençait à appliquer les lois sur la parité. Mais s’il ne s’était agi que d’un effet d’aubaine, les bulles se seraient vite dégonflées. Ce que les Français attendent d’un responsable politique, ce n’est pas simplement d’incarner un symbole, c’est de mener des actions concrètes en cohérence avec le symbole porté.

Issue d’un milieu modeste, vous avouez que lorsque vous êtes entrée en politique, vous n’aviez pas les “codes”. A quels codes faites-vous référence ?

Il y a là quelque chose de très “genré”. Le pouvoir a été pendant très longtemps une affaire d’hommes exclusivement. La politique obéit à des codes masculins. Par exemple, le fait de prendre systématiquement la parole lors d’une réunion révèle une forme d’assurance… Les femmes sont des “nouvelles entrantes” en politique, comme les personnes issues de l’immigration par exemple, ou les jeunes. Ces nouveaux “entrants” ont une forme d’humilité, d’écoute, d’empathie. Lorsque la parité en politique, à laquelle nous travaillons, sera effective, ces codes vont se mélanger. Il ne s’agira plus d’une question de genre. Concernant mon parcours personnel, j’étais non seulement femme, et jeune, mais aussi fille de parents étrangers qui n’avaient jamais voté. La politique ne faisait pas partie de mon quotidien. Rien ne me paraissait évident, ne serait-ce que le simple fait d’aller voter !

Que pensez-vous des statistiques genrées ?

J’y suis très favorable. Pour instaurer l’égalité entre les femmes et les hommes, nous avons besoin de partir d’un état des lieux précis. Dans tous les domaines, n’avoir que des statistiques mélangeant les hommes et les femmes comme s’ils étaient confrontés aux mêmes enjeux ou aux mêmes difficultés nous a empêché d’y voir clair sur les inégalités que vivent les femmes. Je relance actuellement une enquête qui n’avait pas été menée depuis douze ans sur la question des violences faites aux femmes. Si l’on ne dispose pas des bons outils d’analyse, on ne peut pas se doter des bons outils de réponse.

Lire aussi : Ces instances françaises d’où les femmes sont exclues

En octobre 2012 vous avez annoncé un plan interministériel de lutte contre l’homophobie et la transphobie. A quel stade ce situe actuellement ce projet, a-t-il été mis en veille ?

Au contraire, depuis le mois d’octobre nous avons réalisé un vrai travail de profondeur. Ce plan interministériel porte en particulier sur le problème des violences homophobes. Le premier constat est que les victimes n’osent pas porter plainte. En France, il n’y a qu’une seule ligne d’écoute, SOS Homophobie, qui ne fonctionnait jusqu’à présent que quelques jours par semaine, car elle n’était pas soutenue par les pouvoirs publics. Nous avons décidé d’allouer plusieurs dizaines de milliers d’euros afin de permettre l’embauche de personnel et d’offrir une écoute sept jours sur sept.

Deuxième constat : pour les victimes d’homophobie, il est difficile de parler. Nous avons donc rédigé une trame d’audition à laquelle les officiers de police devront se conformer lorsqu’ils accueilleront des victimes de violence physique pour un dépôt de plainte. Il s’agit de déceler si l’acte a été accompagné d’insultes homophobes, et d’amener les victimes à en parler.

Par ailleurs, nous avons développé au sein du ministère de l’intérieur et du ministère de la justice des outils de statistiques beaucoup plus précis, valables pour les violences faites aux femmes comme pour les violences homophobes. Les premières statistiques seront publiées en début de l’année 2014.

En décembre 2011, une proposition de loi présentée par Michèle Delaunay visait à faciliter le changement d’état civil pour les personnes transgenres. Qu’en est-il actuellement ?

Nous avons saisi la CNCDH [Commission nationale consultative des droits de l’homme] concernant la question du parcours de transition des personnes transgenres. Un texte est en cours d’élaboration. Il précise les éléments à modifier, comme par exemple le poids trop important du corps médical, et la nécessité de passer par une intervention chirurgicale pour un changement d’état civil.

S’agissant de la facilitation du parcours de transition et du changement d’état civil, il s’agit de cas très spécifiques, comportant de grandes souffrances humaines. Nous sommes là pour répondre à ces cas et non bouleverser un modèle de société. Je pense qu’il faut en parler en termes d’accompagnement et de protection de ces personnes dans la transition. Il ne faut pas non plus négliger certains aspects tels que le droit du travail, l’accès à la santé et au logement.

Propos recueillis par Camille Bordenet, Sabrina Bouarour, Emeline Bruyas, Elsa Guippe et Matteo Maillard (Monde Académie)

From: http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/03/si-on-accepte-l-inegalite-salariale-alors-on-accepte-les-inegalites-dans-tout-le-reste-de-la-societe_3441009_3224.html#xtor=AL-32280515